Ciblés par la déchéance de nationalité en France, les binationaux discriminés par la nouvelle Constitution en Algérie

22:49  mardi 5 janvier 2016 | Par Ali Idir | Actualité 

Alors que la France s’apprête à faire des binationaux des citoyens de seconde zone avec la mesure sur la déchéance de nationalité dans la future Constitution, l’Algérie veut à son tour les exclure. Et comme François Hollande, Abdelaziz Bouteflika entend inscrire cette exclusion dans la nouvelle Constitution.

« La nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’État et aux fonctions politiques », précise en effet l’Article 51 de l’avant-projet de révision de la Constitution, présenté ce mardi par Ahmed Ouyahia. Le nouveau texte barre ainsi la route aux binationaux qui ne pourront pas accéder aux hautes responsabilités de l’État et aux fonctions politiques.

S’il est tout à fait normal d’exiger la nationalité algérienne exclusive du candidat à la présidence de la République ou à certains postes sensibles, il est tout à fait anormal, voire scandaleux, d’empêcher les binationaux de briguer des fonctions politiques et d’accéder aux hautes responsabilités de l’État, d’une manière générale.

Non seulement cette mesure est discriminatoire à l’égard des Algériens nés ou vivant à l’étranger et risque de les affaiblir dans leur pays d’accueil où ils sont souvent confrontés au racisme, mais elle prive aussi l’Algérie de compétences indispensables à son développement.