Investissements étrangers : le discours du gouvernement face à la réalité des chiffres

11:03  mercredi 10 février 2016 | Par Samir Allam | Actualité 

C’est un rapport officiel du Trésor français qui le dit. Les Français n’investissent plus en Algérie depuis 2012. L’année 2013 a même été marquée par un désinvestissement. En 2014, la reprise a été insignifiante, avec seulement 0,6 millions d’euros de flux d’investissements français.

Deux enseignements importants peuvent être tirés de ces chiffres. Le premier est que l’investissement est décorrélé de la relation politique. Avec François Hollande, les relations politiques sont nettement meilleures que sous Nicolas Sarkozy (2007-2012). Mais c’est sous le quinquennat de Sarkozy que les entreprises françaises se sont le plus engagées en Algérie, en investissant fortement.

Pourquoi ? Jusqu’à 2009 et la fameuse LFC d’Ouyahia, le climat des affaires en Algérie était, malgré de nombreuses insuffisances, favorable à l’investissement. Les prix du pétrole étaient au plus haut et les lois sur les investissements relativement claires et stables. Ce qui n’est plus le cas depuis 2012. L’Algérie a modifié de nombreuses lois, introduit des contraintes pour l’investissement et le transfert de dividendes. Dans le même temps, les prix du pétrole ont chuté, faisant de l’Algérie un pays risqué et très peu attractif pour les investisseurs. C’est le second enseignement du rapport.

Depuis quelques mois, le gouvernement s’agite et multiplie les déclarations rassurantes sur l’attractivité de l’Algérie. Dans les faits, les chiffres disent le contraire. Au lieu de revoir sa politique et de se mettre sérieusement au travail, le gouvernement poursuit sa fuite en avant.