L’Union européenne en attente d’un changement de régime en Algérie

12:03  vendredi 19 août 2016 | Par Tewfik Abdelbari | Actualité 

La Commission européenne fait la cour à l’Algérie. L’Union européenne (UE) cherche à diversifier ses approvisionnements gaziers pour sortir de sa dépendance à la Russie, rapporte ce vendredi Politico.

Ainsi, l’UE est prête à mettre en place un plan économique d’investissement massif en Algérie en échange d’une plus grande ouverture du pays. Mais les blocages politiques, émanant des autorités algériennes, ralentissent un éventuel accord.

En attente d’un changement à la tête du pays

Le principal élément de blocage ne serait autre que le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, selon Politico. « Ils attendent que Bouteflika meure ou qu’il y ait un changement de gouvernement », affirme crûment une source européenne anonyme bien au fait de la relation UE-Algérie, assure Politico. « Ils savent qu’ils doivent changer », indique la même source, au sujet des autorités algériennes.

Ainsi, des deux côtés de la Méditerranée, certains espèrent développer les exportations d’hydrocarbures algériennes vers l’UE, dans un accord où chacun y trouverait son compte. Sécurité d’approvisionnement et lutte contre l’immigration pour l’Europe ; stabilisation, soutien financier (investissements massifs) et diversification économique pour l’Algérie. Tels seraient les termes de cet accord multiforme, rapporte Politico.

Algérie : « Norvège du Sud » ou « importateur net »

Selon ces sources européennes, l’Algérie fait face à un choix. Soit elle devient la « Norvège du Sud » pour l’UE, en référence à l’approvisionnement gazier. Soit elle laisse son industrie gazière décliner davantage et devient, face à la demande interne croissante, un importateur net de gaz.

Pour éviter cela, le pays doit produire davantage d’hydrocarbures et attirer les investissements des majors pétroliers européens, selon un analyste cité par Politico. En conséquence, l’Algérie doit être plus attractive, notamment sur le plan de la réglementation sur l’investissement, jugée comme l’une des pires de la région, poursuit la même source.

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Dans le même temps, l’Algérie devra développer sa production d’énergie renouvelable pour faire face à la demande interne, et diversifier son économie pour sortir de la rente pétrolière, affirme Politico. C’est le sens de cet accord UE-Algérie qui boosterait l’économie du pays, toujours selon la même source.

Évolution de part et d’autre

L’Algérie était d’abord très hostile à cette idée, mais aurait adouci sa position au fur et à mesure des visites officielles entre les deux parties, indique Politico.

Rappelant les échanges de visites de haut niveau, Politico revient notamment sur le projet du nouveau pipeline entre l’Espagne et la France, le MidCat. Sa concrétisation permettrait une hausse importante des livraisons de gaz algérien à l’Europe. Une perspective qui intéresse l’Algérie, tant elle lui octroie une place de choix sur le marché européen.

Tewfik Abdelbari

Journaliste à TSA-Algerie. L'économie en général, les entreprises en particulier