Cinéma

« Zeus », l’histoire d’un président écrivain qui a aimé Béjaïa

12:57  jeudi 16 février 2017 | Par Fayçal Métaoui | Actualité 

« Zeus », long métrage réalisé par le Portugais Paulo Filipe Monteiro, a été projeté, mercredi soir à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaih, en avant-première algérienne.

Le film, qui ressemble à un biopic, raconte l’histoire de Manuel Teixeira Gomes, le président écrivain qui a fui la dictature fasciste de l’Estado Novo du Portugal pour venir s’installer à Béjaïa, vers 1931. « Je pars comme j’aime, sans itinéraire prévu, sans emporter avec moi un seul papier. J’ouvre dans ma vie une page blanche », dit-il à son secrétaire.

Il a embarqué à bord du Cargo hollandais « Zeus » pour rejoindre les côtes méditerranéennes de l’Algérie, alors sous occupation française avec l’idée de parcourir le monde « sans ambition ni vanité ».

Après plusieurs passages dans le Sud algérien et à Alger, Manuel Teixeira Gomes, interprété par Sinde Filipe, s’établit à Béjaïa, attiré par la beauté de la mer et le mystère des montagnes.

Dans le film, Paulo Filipe Monteiro met en valeur, à travers de larges plans, les charmes naturels de la région. Racontant en fragmentation l’itinéraire d’un président qui voulait instaurer un régime républicain et d’un écrivain au ton libéral et anticlérical, le film, qui souffre de certaines lourdeurs et d’un manque de rythme, ne restitue pas toute l’histoire de Manuel Teixeira Gomes. « J’aurais réalisé un film de vingt heures », s’est justifié le cinéaste.

Il y a des aspects peu connus de la vie de l’écrivain qui ont été évacués comme cette étrange relation entre Gomes, installé à la chambre 13 de l’Hôtel L’Etoile à Place Gueydon, et Amokrane (Idir Benaibouche), serveur dans le même établissement et muezzin.

Contraint de restituer les atmosphères de l’époque, le cinéaste n’a pas fait un grand effort pour montrer la ville de Béjaïa, ses ruelles, ses cafés, ses quartiers et ses maisons. Les scènes sont tournées dans un décor presque neutre traversé de blancheur. À part les balades de l’écrivain rêveur avec Amokrane à Cap Carbon, peu de chose apparaissent de Béjaïa.

Film bavard, « Zeus » survole le contexte historique de la révolte des militaires portugais et les attaques sournoises du premier ministre Antonio Maria Da Silva, un adepte de la manière forte et du fascisme, contre le président Manuel Teixeira Gomes (1923-1925). Cette période tumultueuse montrée plus par les dialogues que par l’action.

Les ennemis du président réformiste lui reprochaient notamment ses écrits érotiques que « la morale catholique » réprouvait.

À Béjaïa, Manuel Teixeira Gomes a écrit, entre autres, « Cartas a Columbano », « Maria Adelaide » et « Carnaval Literario ».

« Zeus », une coproduction algéro-portugaise, sera projeté vendredi soir, à 18 h, à la cinémathèque de Béjaïa.