Le pétrole au plus bas depuis décembre : et si le pire n’était pas derrière nous ?

20:08  vendredi 10 mars 2017 | Par Sarah Belhadi | Actualité 

Si l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime dans son dernier rapport que l’offre mondiale de pétrole pourrait avoir du mal à répondre à la demande après 2020, les derniers chiffres des stocks américains -qui continuent d’augmenter- montrent qu’un tel scénario est encore loin.

Nouvelle hausse des stocks américains 

Mercredi 8 mars, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a indiqué que les stocks hebdomadaires de brut avaient augmenté de 8,21 millions de barils à 528,39 millions de barils la première semaine de mars. Très loin des prévisions des économistes qui tablaient sur une hausse de 2 millions de barils environ, selon Bloomberg.

Dans la foulée, les cours du pétrole ont dégringolé : – 5% jeudi puis -2% ce vendredi pour le baril de Brent de la mer du Nord (référence pour le Sahara Blend algérien). Le Brent est tombé ce vendredi en fin de journée à 51,40 dollars, son plus bas niveau depuis début décembre. En une semaine, il a perdu près de 8%. À New York, le baril de WTI a fini la semaine sous les 50 dollars pour la première fois de l’année.

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Le dollar fort pénalise le pétrole 

En plus des stocks américains, l’attente de la décision de la Réserve fédérale (Fed) de relever ses taux d’intérêt a un impact sur le prix du baril. Un tel scénario -preuve de la bonne santé économique des États-Unis- va renforcer le dollar sur les autres monnaies.

Le problème, c’est qu’un billet vert fort est une mauvaise nouvelle pour le pétrole, libellé en dollars. Car, plus la valeur du dollar est forte face aux autres monnaies, plus les matières premières sont chères dans les autres devises. Par conséquent, la demande diminue en raison d’un pouvoir d’achat en berne de la part des acheteurs qui utilisent d’autres monnaies. Et s’il y a moins de demandes, et que l’offre abonde, les prix baissent de façon mécanique. À l’inverse, dans un contexte où le dollar est faible, les cours des matières premières augmentent.

Accord de l’Opep bientôt caduc ?

Ces deux éléments, hausse des stocks américains et remontée des taux d’intérêt américains rendent dès lors incertain le rééquilibrage entre l’offre et la demande de pétrole attendue en 2017, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La hausse des stocks américains pourrait avoir des conséquences sur l’accord de l’Opep signé fin novembre visant à abaisser les réserves mondiales pour rééquilibrer le marché et faire remonter les prix de l’or noir.

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Pour rappel, les 13 pays membres de l’Opep, et 11 autres pays producteurs non membres, se sont engagés à réduire leur production de 1,2 million de barils par jour (bpj) à 32,50 millions de bpj, (et de  558.000 barils par jour pour les non membres), au premier semestre 2017.

Mardi, au CeraWeek (grand rendez-vous annuel des acteurs mondiaux de l’énergie), Khalid Al-Falih, le ministre de l’Énergie de l’Arabie saoudite (chef de file de l’Opep), a indiqué que la possibilité d’une extension de l’accord de l’Opep ne se déciderait pas avant mai.

Le même jour, dans une interview accordée à CNCB, Khalid Al-Falih, a par ailleurs répondu par l’affirmative à la question « est-ce que la pire chute des prix du pétrole est finie ? », estimant notamment que « la demande est en train de s’accélérer » et que « l’économie mondiale se porte bien ».

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