La totalité des importations soumise à des licences

19:13  mercredi 15 mars 2017 | Par Tewfik Abdelbari | Actualité 

« Tous les produits qui entreront désormais en Algérie seront soumis à une licence [d’importation] », a affirmé le ministre de l’Habitat (et du Commerce) Abdelmadjid Tebboune, ce mercredi 15 mars, selon les propos rapportés par l’agence officielle.

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Comprendre : la totalité des importations du pays seront soumises à la délivrance préalable de licences, a affirmé M. Tebboune. Cela dit, les achats extérieurs de produits de « base », considérés comme « essentiels » pour le citoyen se verront attribuer des licences automatiques, assure le ministre (par intérim) du Commerce.

« Les licences d’importation des produits de bases tels que la semoule, le blé, l’huile, le sucre, le lait et les médicaments seront renouvelées automatiquement pour éviter toute rupture sur le marché », a-t-il précisé.

Dans le même temps, les importations « conjoncturelles » seront désormais sujettes à une autorisation limitée dans le temps. C’est le cas pour les viandes dont la licence est fixée à trois mois, toujours selon la même source.

Le but de ces différentes mesures vise à « réguler le marché », « éviter l’anarchie » et lutter contre « la surabondance à certaines périodes de l’année et la rareté à d’autres périodes », précise le ministre du Commerce.

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Professionnaliser les acteurs de l’importation

« Nous devons professionnaliser le marché à travers une meilleure organisation et l’amélioration de la qualité. Je ne peux concevoir qu’un seul opérateur puisse importer 30 produits différents allant du blé au rond à béton », lâche Abdelmadjid Tebboune.

Cependant, « aucun opérateur ne sera exclu des licences d’importation », affirme-t-il, précisant qu’il s’agit d’une opération de contrôle et de régulation du marché afin de soutenir la production nationale toute en satisfaisant tous les besoins du marché.

Il a ainsi rappelé son engagement à proscrire l’importation de produits énergivores et/ou ne respectant pas les normes de sécurité, posant ainsi un risque à la santé des consommateurs.

Évoquant la flambée des prix des pommes algériennes en dépit d’une abondance de l’offre, le ministre impute la situation à la spéculation : « certains opérateurs (…) stockent d’importantes quantités pour créer la rareté sur le marché », a-t-il dénoncé.

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Tewfik Abdelbari

Journaliste à TSA-Algerie. L'économie en général, les entreprises en particulier