Amine Mazouzi quitte Sonatrach sur une inquiétante controverse

13:01  lundi 20 mars 2017 | Par Samir Allam | Actualité 
Ould Kaddour (à gauche) nouveau PDG de Sonatrach. (Crédits : Ministère de l'Énergie & des Mines ©)

Moins de deux ans après sa désignation en mai 2015 à la tête de Sonatrach, Amine Mazouzi a été limogé ce lundi 20 mars. Il est remplacé à ce poste par Abdelmoumen Ould Kaddour, ancien dirigeant de Brown & Root Condor (BRC), une entreprise impliquée dans un énorme scandale dans les années 2000.

Amine Mazouzi quitte Sonatrach sur une inquiétante controverse. Alors que la compagnie fait régulièrement état de la hausse de sa production, le dernier rapport de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), publié le 6 mars, indique que la production algérienne devrait baisser dans les années à venir, passant de 1,14 million de barils par jour (mb/j) produits en 2016 à 1,05 million de barils par jour en 2022.

Depuis son pic à 1,38 mb/j en 2007, la production a chuté à 1,11 mb/j en 2015, détaille le rapport. Puis, elle s’est maintenue en 2016, en raison des performances réalisées dans les champs pétroliers d’El Merk et Ourhoud, selon l’AIE.

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En fin de semaine, Amine Mazouzi a tenté maladroitement de se défendre. « L’AIE et l’UE ont leurs données, leurs hypothèses (ils ont conclu à un déclin de la production et des réserves de gaz de l’Algérie au cours des prochaines années). Je ne commente pas ces conclusions. Nous, nous avons nos données. Nous connaissons le domaine algérien. Les réserves d’hydrocarbures de l’Algérie sont en hausse parce que nous confirmons ces derniers temps (réserves prouvées) des réserves qui étaient auparavant probables et possibles », a-t-il dit à des journalistes invités dans le Sud du pays.

Sauf que les spécialistes et les marchés font plus confiance aux donnés de l’AIE qu’à celles de Sonatrach. La rigueur et la transparence ne font pas partie des qualités du management de la compagnie nationale. Et on n’est pas surpris de constater que Sonatrach aurait pu tricher sur l’évolution négative de sa production, malgré des investissements colossaux – des dizaines de milliards de dollars –. C’est devenu presque une culture d’entreprise.

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