Nouveau code de la route : un texte nécessaire qui devra être appliqué

10:35  lundi 20 mars 2017 | Par Radia Touri | Actualité 
(Crédits : NEWPRESS ©)

Le nouveau code de la route est officiellement entré en vigueur dimanche 19 mars après sa publication au Journal officiel. Le nouveau texte comprend de nombreuses dispositions très rigides, notamment un durcissement des sanctions liées aux infractions et aux délits et une hausse substantielle des amendes.

Dépasser la vitesse limite de plus de 30% devient ainsi aujourd’hui punie d’une amende allant de 10.000 à 50.000 dinars. Ne pas porter sa ceinture de sécurité dans son véhicule, faire asseoir des enfants de moins de dix ans aux places avant, ou l’absence de port de casque sur une moto entraînera des amendes de 3.000 dinars. L’usage d’un téléphone portable ou le port d’un casque audio résultera quant à lui à une amende de 5.000 dinars.

Le nouveau code de la route introduit également un système de permis à points. Le retrait systématique du permis est quant à lui supprimé sauf dans le cas de certains délits graves, et chaque conducteur disposera d’un capital de nombre de points définitif fixé à 24 points, qui sera réduit en cas d’infractions ou de non-paiement des amendes.

L’introduction du nouveau code de la route intervient dans un contexte national marqué par la multiplication des incidents et accidents graves sur la route. Plus de 3.300 personnes sont mortes sur les routes en Algérie durant l’année 2016, et près de 26.000 autres ont été blessées. Année après année, les routes algériennes se sont transformées en jungle où l’anarchie règne et où le chaos prospère. Une réforme à la mesure de celle introduite par le nouveau texte devenait plus que jamais pressante si l’espoir existe encore d’assainir les routes et d’éduquer les automobilistes.

Un code de la route seul ne peut néanmoins tout faire, et n’a de valeur que s’il vient à être appliqué scrupuleusement par les autorités. Dans ce contexte, la bataille est loin d’être gagnée. Le monde de la conduite, comme le reste en Algérie, reste en effet toujours gangrené par les passe-droits. Combien sont-ils ces dernières années à avoir pu récupérer leur permis de conduire grâce à une intervention dans la journée ou dans la minute même, alors qu’ils ont pourtant commis une infraction, parfois sérieuse ? Les cas sont innombrables. Il semble très difficile aujourd’hui de remédier à la situation tant le pourrissement du système semble profond, et l’état de droit absent.