Le pétrole repart en baisse : le schiste américain et la reprise de la production en Libye pèsent sur le baril

20:09  lundi 20 mars 2017 | Par Sarah Smaïl | Actualité 

La déprime est de retour sur le marché pétrolier. Ce lundi, les cours ont entamé la semaine en baisse. À New York, le WTI a clôturé en recul de 56 cents à 48,12 dollars. À Londres, le Brent est dans le rouge : il se maintient difficilement au-dessus des 51 dollars.

La perspective d’une hausse de la production de pétrole aux États-Unis qui pourrait contrarier les efforts de réduction de l’offre par l’Opep inquiète les marchés. Les États-Unis ont augmenté leur production pour dépasser les 9,1 millions de bpj, contre 8,5 millions en juin dernier, rapporte l’Agence américaine d’information sur l’énergie. Le nombre de forages américains a été augmenté de 14 la semaine dernière et atteint désormais 631, selon Baker Hughes.

Ces craintes sont encore aggravées par la perspective d’une augmentation de la production de pétrole en Libye. La compagnie pétrolière nationale libyenne a annoncé dimanche la reprise prochaine de l’activité de deux ports clés, ceux d’Es Sider et de Ras Lanuf, dont la capacité combinée atteint 600 000 bpj, selon Reuters. Compte tenu de sa situation politique, la Libye a été exemptée de réduction par l’Opep.

Pour tenter de remédier à la chute des prix, l’Opep se verrait devoir diminuer encore plus sa production, selon des analystes de J.P. Morgan cités par Reuters. Certains analystes, cependant, s’attendent à ce que les réductions déjà appliquées par l’Opep ne montrent leurs résultats qu’à partir d’avril. Du côté de l’Opep, certaines sources restent optimistes et s’attendent à ce qu’une augmentation de la production de schiste de 300 000 bpj reste gérable pour le marché.

Selon le ministre saoudien de l’énergie Khalid al-Falih, l’Opep envisagerait une extension de l’accord de réduction après le mois de juin pour atteindre ses objectifs, rapporte Bloomberg. Selon des sources au sein de l’Opep, pour y parvenir, il faudra obtenir la coopération de tous les membres de l’Opep, y compris l’Irak et l’Iran, réfractaires à la réduction. Les producteurs hors Opep devraient eux aussi accepter de participer. Ce qui est loin d’être acquis.