La DGSN renforce ses moyens héliportés: Dix nouveaux hélicoptères ultrasophistiqués pour la police

Vous êtes ici  >  Accueil  >  Diplomatie


Boutef_kadafhi.jpg

 

L’attitude de l’Algérie à l’égard de la crise libyenne suscite des interrogations. Visiblement, on s’attendait à ce qu’elle soutienne l’opération visant le régime libyen pour des raisons éthiques et surtout politiques. En effet, Kadhafi lui a causé tant de problèmes (imprévisibilité politique, entraînement et financement d’éléments subversifs dans la région du Sahel, entraves aux médiations algériennes entre les mouvements Azawad et les autorités maliennes et nigériennes…). Mais elle a choisi une autre voie. Une voie motivée par des craintes réelles plus que par un quelconque soutien au régime de Kadhafi. Il faut dire que l’Algérie emprunte, dans cette crise, le pas aux puissances occidentales qui ont toujours préféré la stabilité à la démocratie. Son attitude est donc motivée par des inquiétudes quant aux conséquences d’une instabilité chronique en Libye.
 
De prime abord, on peut penser que le pouvoir algérien redoutait de subir un sort semblable à celui de la Libye au cas où une révolte tournerait mal dans le pays. Certes, mais ce n’est pas convaincant. D’abord, parce qu’en dépit de la présence d’ingrédients similaires, les situations nationales se différencient. Ensuite, tous les États arabes ayant soutenu l’intervention en Libye ne sont pas à l’abri de l’effet domino et certains pourraient même devenir le théâtre d’une intervention étrangère. L’explication est donc à chercher ailleurs.
 
Il y a d’abord la traditionnelle constante du refus de tout interventionnisme. Il s’agit là d’un des principes fondamentaux guidant la politique algérienne. L’Algérie a failli devenir un théâtre d’intervention étrangère durant les années du terrorisme de masse qu’elle a connu. Et de ce fait, elle sait qu’aucun État de la région n’est à l’abri d’une telle éventualité d’où son refus catégorique de toute intervention en Libye. Ce faisant, elle se prémunit donc contre une telle éventualité… Mais cet élément ne suffit pas non plus à expliquer cette attitude singulière.
 
Ensuite, il y a un certain nombre de craintes sécuritaires, et c’est à ce niveau que se joue l’essentiel car ce sont bien des considérations sécuritaires et stratégiques qui ont contraint l’Algérie à sacrifier le paramètre éthique, pourtant en vogue chez celles (puissances occidentales) qui ont quelque chose à se faire pardonner et ceux (pays arabes soutenant l’intervention) qui veulent se faire oublier.
 
On peut résumer ces craintes dans les éléments suivants.
 
- Une lecture non-manichéenne du conflit : l’Algérie ne voulait pas s’impliquer dans ce conflit interne estimant qu’elle n’a pas à prendre position pour l’un ou l’autre des deux protagonistes et met en garde contre le risque de guerre civile. Elle garde la même distance vis‑à‑vis des parties en conflit. Le vocabulaire employé par sa diplomatie est révélateur à cet égard : l’Algérie appelle « à l’arrêt des violences » et exhorte « toutes les parties libyennes à l’observation d’un cessez‑le‑feu immédiat » et à « l’engagement d’un dialogue national inclusif et sans préalable » permettant « au peuple libyen de trouver des solutions qui répondent à ses aspirations » et évitant que « la Libye ne sombre pas dans la guerre civile ». Et ce tout en insistant sur « la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale d’un pays voisin ». Sa vision ne repose donc pas sur une exigence éthique ou une conception manichéenne, mais sur un calcul purement réaliste, voire cynique, qui fait des insurgés une partie prenante du conflit. C’est une conception qui va donc au‑delà de la protection des populations civiles. C’est une lecture du conflit, peu importe qu’elle soit erronée ou juste.
 
- Le risque terroriste, élevé, est très redouté par l’Algérie surtout si la Libye sombre dans la guerre civile. Ce risque terroriste a des conséquences directes sur sa sécurité : incursions en territoire algérien et trafic d’armes depuis et vers la Libye. Si le conflit perdure, cela veut dire qu’un foyer de tension s’installe dans le pays voisin fragilisant la frontière algérienne avec la Libye. Une frontière qui deviendrait ainsi un haut lieu des trafics en tout genre.
 
- Un exode massif de réfugiés libyens vers le territoire algérien, qui accueillent déjà des refugiés sahraouis sur la partie extrême‑ouest de ses frontières, est aussi problématique. L’Algérie n’a ni les capacités ni le savoir‑faire pour accueillir autant de réfugiés. En outre, si elle contrôle les réfugiés sahraouis, il n’est pas sûr qu’elle puisse en faire autant avec les réfugiés libyens dont des éléments peuvent se livrer à des opérations militaires contre le régime de Kadhafi depuis le territoire algérien l’impliquant ainsi dans ce conflit interne.
 
- L’absence d’une réelle armée régulière en Libye ne fait qu’amplifier ses inquiétudes car l’absence d’un tel acteur pose trois problèmes : l’insécurité de l’État libyen ; l’insécurité des armements qu’il détient et enfin l’absence d’interlocuteur. Supposons que des éléments armés pénètrent en territoire algérien, à qui s’adresser ? Aux milices, aux éléments de l’armée ou aux insurgés ? Et à qui les remettre éventuellement ? La gestion sur le terrain de certains problèmes n’est pas évidente en l’absence d’interlocuteur, qu’il soit fréquentable ou pas, là n’est pas le problème. On ne négocie pas toujours avec des amis. L’insécurité des armements finira par les mettre entre les mains des terroristes ou des groupes mafieux (crime organisé). Or, les armes légères constituent un défi sécuritaire non seulement dans la région mais dans le monde.
 
- La présence de forces militaires étrangères en Libye où le simple contrôle de son espace aérien permet à certaines puissances, si elles le désirent, d’espionner l’Algérie, d’augmenter et de peaufiner leurs renseignements sur les forces armées algériennes et leur disposition/stationnement sur le territoire national. L’armement de l’Algérie ces derrières années a tiré leur attention et il n’est pas exclu qu’elles essaient d’avoir une idée de sa réalité sur le terrain. D’autant plus que l’Algérie a refusé d’ouvrir son espace aérien à la coalition anti‑Kadhafi et qu’elle est de ce fait amenée à surveiller son espace contre toute incursion.
 
- Préserver la sécurité et la stabilité du Maghreb est un élément sécuritaire majeur qui fait craindre le pire. L’Algérie, qui s’est toujours opposée aux interventions étrangères dans le monde arabe (Irak) et ailleurs (Kosovo, Afghanistan), ne pouvait l’admettre au Maghreb, son environnement naturel. Eu égard aux instabilités et aux insécurités produites par la présence et les interventions étrangères dans la partie orientale du monde arabe, elle ne veut pas que sa partie occidentale, jusque‑là épargnée, subisse le même sort et devienne à son tour un foyer d’instabilité chronique. Il s’agit là d’une préoccupation majeure d’une perspective algérienne. Certes, c’est un calcul purement réaliste, voire cynique, mais ce ne sont pas les bonnes intentions et l’altruisme qui guident les relations internationales.
 
En définitive, c’est le mauvais déroulement de la révolte populaire en Libye, suite au recours à la force massive par Kadhafi, qui a changé la donne. L’Algérie n’a pas pris la même position à l’égard des révoltes en Tunisie et en Égypte lors desquelles le leitmotiv était le « respect de la volonté » du peuple dans ces deux pays (alors que celle du peuple algérien n’est pas respectée !). Mais en Libye, une situation singulière a entraîné une attitude singulière…
Au fond l’enjeu stratégique majeur pour l’Algérie aujourd’hui, n’est pas la crise libyenne, aussi importante soit‑elle, mais bel et bien une démocratisation algérienne pacifique et effective. Faire face aux menaces extérieures est indispensable, mais il faut surtout s’occuper des vulnérabilités intérieures dont l’absence de démocratie est désormais la plus importante. En effet, pour que les menaces se traduisent en actes, il leur faut un terreau, donc des vulnérabilités…

 

 
27/03/2011 à 19:03 | 32 commentairesRéagir

Articles relatifs

Vos réactions


Encore une analyse de miche Colon à partir de la 3ème minute - http://www.youtube.com/watch?v=9RZkYp5yWC0&feature=related

c est la loi de la jungle,il n y a plus rien, c est TAG 3ALA MEN TAG ,tout est fallacieux:democratie ,droits de l homme ,mondialisation etc... DU vent!que nos sages et eclaires gouvernants reflechissent et le plus tot possible au nucleaire militaire et s y investissent, et j assume mes propos. IL y a qu à regarder la composition des permanents du conseil de L IN SECURITE pour comprendre ou va le monde

Aujourd'hui l'armée Libyenne est face a une coalition guidée par un vrai fou qui n'a jamais su faire autre chose que démolir, pour preuve son propre parti est sur le point d'imploser. Un petit rappel..1973...1987...les Libyens ont infligé une bonne humiliation à la quatrième armée du monde au Tchad, conséquence, l'annexion par la Libye de la bande d'Aozou(Tibesti)

@ Hassi.Messaoud. Nous avons pratiquement le même armement russe que les libyens mais contrairement à eux, nous savons l'utiliser.

Quand pour l'assassin de Tripoli, la vie d'un homme coûte 400000 $US, alors que lui même et ses "valeureux" proches se terrent comme des rats... Quand il fait des apparitions, entouré à dessein d'une foule civile innocente... Quand il envoie le fameux avocat qui a plaidé sa folie terroriste, plaider aujourd'hui sa folie tout court...Comment qualifier ce personnage qui pensait qu'il pouvait tout acheter et qui a commis la faute de croire qu'il pouvait "monnayer" la patience de son peuple. La Libye restera libyenne ainsi que ses richesses. La libye continuera d'avoir des compagnies industrielles étrangères sur son sol comme c'est le cas aujourd'hui ni plus ni moins.

mon cher hassi messaoud c est la question a 1 million de dollars.

Quels rebelles ce sont des fanatiques, il n’ont pas le droit de citer chez les nobles, il suffit de les voir s’exprimer à Al Jazeera, & co. C’est l’armée algérienne qui va hériter de ce merdier libyen. Tout le monde sait que l’ armée française n’a pas les moyens de ses ambitions sans les américains. Malheureusement l’armée libyenne non plus ne tient pas la route. Je me pose la question, l’armée algérienne a-t-elle les moyens de défendre le pays ? vu qu’elle a le même fournisseur que l’armée de Kadhafi.

@capodz. salut capo en effet il faut s'y attendre

@ Muddy. Comme tu dis, cette histoire libyenne est un règlement de comptes - sponsorisés par l'occident et l'arabie saoudite. Cependant, tu oublies de mentionner dans ta partition à qui reviendra les plus gros gisements de pétrole ? A la Corée du sud, je présume :)

@nopo je suis tres naif et curieux comment se fait-il qu'il n'y a pas un seul representant de ces rebelles a la conference qui se tient en ce moment-meme a londres?

Autres titres de l'actualité
Nos services

Météo

alger
Alger

Minimum : 19°C
Maximum : 29°C
Constantine
Constantine

Minimum : 14°C
Maximum : 28°C
Oran
Oran

Minimum : 17°C
Maximum : 27°C



eboons.com