Je trouve cet article fort intéressant:
Actes terroristes
Le pouvoir d’Alger commence-t-il à percevoir les résultats de sa politique de la terre brûlée qu’il pratique indignement en Kabylie : pousser cette région frondeuse à l’isolation sur le plan national et, maintenant, international ?
L’attentat de Tizi N Tlata qui a coûté la vie à sept agents de sécurité de l’entreprise canadienne, SNC Lavalin, a, dans des temps records, suscité une réaction, à tout le moins, biscornue. Une réplique aussi prompte que bizarre de la part de la diplomatie canadienne : éviter la Kabylie ! Cette attitude n’a était jamais exprimée même du temps de la décennie de l’horreur qui frappait Alger et ses alentours. La position canadienne à l’encontre de la Kabylie suscite en moi quelques questionnements :
1. Pourquoi le Canada recommande à ses ressortissants « d'éviter tout voyage non essentiel à l'extérieur des grands centres urbains en Algérie, tout particulièrement dans la région montagneuse de Kabylie » alors que rien n’indique que leur entreprise était la cible de l’attentat ?
2. Si cette entreprise s’est sentie réellement visée, pourquoi elle a déclaré qu’elle « ne renonce pas à ses projets » ?
3. La Kabylie est-elle le seul « grand centre urbain en Algérie » ?
Au fait, tout le monde se souvient que dès le début du phénomène du terrorisme « islamiste » en Algérie, l’on évoquait déjà la fameuse « finale » qui se déroulerait en Kabylie. Entendre par là, que l’affrontement ultime entre les groupes armés islamistes et les forces du gouvernement algérien se dérouleraient dans ses maquis. D’aucuns considéraient que ces déclarations étaient exactes au moment où cette région s’accommodait de son qualificatif d’alors : « la petite Suisse », allusion faite au calme qui y régnait au moment où toute l’Algérie était à feu et à sang. Le résultat de cette accalmie n’a jamais était dû à une démission de la région des événements et du destin national, mais tout simplement l’absence des conditions naturelles et objectives favorisant l’établissement de maquis islamistes car la région et ses habitants ont toujours étaient et demeurent foncièrement démocrates et républicains.
D’où, nous serait-il venu alors, cet activisme islamiste armé incapable de vivre sans l’engagement et le soutien en sa faveur de notre région ? Pour entrevoir la réponse, il faudrait regarder du côté d’Oujda. Je voudrais dire, du côté du « Clan d’Oujda ». Celui-là même qui a assassiné Abane Ramdane en décembre 1957.
La tranquillité de la Kabylie était, à juste raison, un réel argument pour un essor économique de la région. Or, le pouvoir d’Alger planifiait de l’appauvrir pour amenuiser sa force de frappe politique et ternir l’éclat de ses revendications identitaires. Quoi de plus simple que de créer des QG d’émirs « islamistes » qui s’avérèrent plus tard sous la coupe des services secrets algériens. Hattab, le Ben Laden algérien, maintes fois « tué » au gré des besoins politico-médiatiques, jouit, aujourd’hui de l’impunité totale que lui accorde son statut de repenti « dont les mains ne sont pas tachées du sans des algériens ». Aux dernières nouvelles, il n’était, lui aussi, qu’un simple cuisinier dans les maquis de Kabylie...
A ces petits jeux, nous ne saurons prêter plus d’attention, étant donné que les vérités sont aujourd’hui connues même des bambins de dix ans. Ce qui nous importe, c’est la survie économique de la Kabylie.
J’ai parcouru, pour des besoins de comparaison, les événements sécuritaires qui se sont déroulé en Algérie du 26 septembre au 27 octobre 2009, et le constat est édifiant :
26.09.2009 : Attaque terroriste contre une caserne de la BMPJ près de Tizi Ouzou
30.09.2009 : Deux islamistes armés abattus près de Tizi Ouzou
01.10.2009 : Draa El Mizan (Tizi Ouzou) : l'un des terroristes abattus mercredi était l'adjoint d'un émir
04.10.2009 : Trois islamistes armés abattus et trois autres arrêtés à Djelfa
07.10.2009 : Deux islamistes armés abattus à El Bayedh
09.10.2009 : Dix islamistes armés tués dans la région de Béchar
10.10.2009 : Kidnappings en Kabylie : les forces de sécurité appellent des industriels à la plus grande prudence
11.10.2009 : Un militaire tué et trois autres blessés près de Tizi Ouzou
15.10.2009 : Un policier assassiné par un groupe armé près de Tizi Ouzou
16.10.2009 : Un terroriste tué et deux autres arrêtés dans une opération de ratissage près de Sétif
17.10.2009 : Les forces de sécurité font échouer une importante opération de trafic d’armes pour les maquis terroristes en Kabylie
18.10.2009 : Offensive contre les maquis islamistes en Kabylie : trois terroristes tués et un quatrième capturé
18.10.2009 : Un terroriste abattu à Bordj Bou Arreridj et un groupe armé localisé près de Béjaïa
21.10.2009 : Deux bombes désamorcées et un terroriste abattu à Sétif
22.10.2009 : Au moins sept morts et des blessés dans une attaque terroriste à Tizi Ouzou
24.10.2009 : Cinq cadavres de terroristes découverts dans une forêt entre Bejaia et Bordj Bou Arreridj
27.10.2009 : Le trafic ferroviaire entre Alger et Tizi Ouzou suspendu après un attentat à la bombe
27.10.2009 : Un civil blessé par l’explosion d’une bombe près de Tizi Ouzou
27.10.2009 : Le chef d’un détachement de la garde communale échappe à un attentat terroriste à Tizi Ouzou
Constat : sur vingt (20) actes ou événements majeurs liés au terrorisme, quatorze (14) sont perpétrés au cœur de la Kabylie (Tizi Ouzou et Béjaia), trois (03) à la périphérie (Sétif et Bordj Bou Arreridj), les trois autres en dehors (Djelfa, El Bayedh et Béchar) !
Interprétation : 70% des actes ont été commis en Kabylie. 15% dans sa périphérie et 15% sur le restant du territoire national. Aucun à Alger, ni dans le triangle de la terreur (Blida – Barraki – Larbaa Beni Moussa, pourtant, jusqu’à présent fiefs islamistes contenant des terroristes et de vastes réseaux de soutien.
A la lumière de ces chiffres, nous sommes nous pas en droit de se poser des questions ? Tizi – Béjaia – Bouira constituent-elles, aujourd’hui, le nouveau triangle de la mort ?
En conclusion, depuis 1957, la Kabylie est la cible franche des arabo-islamo-baathistes. Ces derniers, sous plusieurs facettes, ont toujours tenté d’enfermer les kabyles dans des carcans géographique et idéologique en utilisant tantôt la répression et la manipulation, tantôt l’argent sale et la corruption.
Vidant la Kabylie de ses vaillants hommes activant dans tous les domaines en les assassinant (Abane, Amirouche, Ali Mecili, Matoub, ...) en les muselant (Ait Ahmed, Sadi, Ferhat, Abrika, ...) en les souillant ou en les impliquant (Ait Menguellet, Arezki Abbout, ...), en les détruisant (Medjeber, U Haroun, ...), en les recrutant (Amara Ben Younes, Khalida Toumi, Hannachi, ...) ou en les corrompant (Sidi Said, Ould Ali El Hadi, ...) le pouvoir pensa en découdre avec cette terre matrice de toutes les luttes. C’était le même sentiment qu’avait Massu durant la bataille d’Alger. Et pourtant, l’indépendance – détournée, certes – arriva...
Le plan machiavélique mis en place par le pouvoir à partir de 1998, à travers ses tentacules du renseignement, entame une nouvelle phase. Après la décapitation physique de la Kabylie exécutée le 25 juin 1998 avec l’assassinat de Matoub Lounès, il fallait briser psychologiquement l’élite et la jeunesse kabyles à travers une multitude d’opérations de répression / manipulation vécues durant le printemps noir. Aujourd’hui, alors qu’elle est coupée d’elle-même, il faudra l’isoler du restant du monde. La prochaine étape serait de créer de pousser la Kabylie à se rebeller (par les armes ?) afin de justifier sa mise à mort dans le sang.
Arezdat Agawaw
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