Hillary Clinton est arrivée samedi après‑midi à Alger pour une visite de quelques heures. Il s’agit du premier déplacement d’un haut responsable de l’administration Obama en Algérie. Les États‑Unis et l’Algérie ont renforcé ces dernières années leurs relations en matière de lutte contre le terrorisme. Mais sur le plan politique, les liens sont restés distants. En 2009, Barack Obama n’avait même pas félicité le président Abdelaziz Bouteflika pour sa réélection à un troisième mandat. Mais depuis le printemps arabe, Washington suit de très près l’évolution de la situation en Algérie. Et c’est en grande partie pour évoquer les réformes entreprises et les prochaines élections législatives que Clinton se trouve à Alger.
Mme Clinton « aura l'occasion de s'entretenir avec le gouvernement algérien des dispositions qu'il pourrait prendre maintenant pour encourager une plus large participation à ces élections et que ces élections reflètent le sentiment populaire algérien », a déclaré un haut responsable américain sous couvert d'anonymat, dans l'avion qui menait Mme Clinton en Algérie, selon l’agence AFP.
À son arrivée à Alger, la responsable américaine, qui doit rencontrer le président Bouteflika, a indiqué que son pays appréciait le point de vue algérien sur les différents événements qui se déroulent dans la région et qu'elle apprécie le dialogue permanent qui existe entre les deux pays. Elle a indiqué que sa visite vise « à discuter du renforcement de la coopération bilatérale et échanger les idées sur les événements qui se déroulent actuellement dans la région ».
À une question sur le financement des partis islamistes par les États‑Unis, Mme Clinton a démenti de telles informations. Elle a précisé les États‑Unis ne financent aucun parti politique et se limitent « à encourager les processus démocratiques pour une meilleure prise en charge des aspirations des peuples ». Mais les Américains ne sont pas hostiles à une arrivée au pouvoir des islamistes. Bien au contraire.
Avant sa venue à Alger, Hillary Clinton était à Tunis où elle a promis l'aide de son pays à la reconstruction de l'économie et au renforcement de la démocratie en Tunisie, un pays dirigé par une formation islamiste. Je suis venue avec des propositions très précises et fermes sur un soutien aux réformes politiques et économiques qui se déroulent ici, a déclaré la secrétaire d'État après la rencontre avec le président Marzouki. Le volet politique de la révolution est en bonne voie, a‑t‑elle poursuivi. « Je suis une fervente supportrice de la démocratie tunisienne et de ce qui a déjà été réalisé ici (...) le défi est de s'assurer que le développement de l'économie soit équivalent au développement politique », a‑t‑elle ajouté.
Washington a accordé un financement de 190 millions de dollars à la Tunisie pour aider à la transition, réservant 30 millions pour garantir les emprunts et obligations de l'État tunisien. La Tunisie doit également bénéficier de l'aide d'un nouveau Fonds pour le Moyen‑Orient et l'Afrique du Nord annoncé par le président américain Barack Obama en février et qui représente 800 millions de dollars pour encourager les réformes dans les pays arabes en route vers la démocratie.
25/02/2012 à 17:24 |
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