L’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, était l’hôte, ce lundi 6 février après‑midi, de "Mille et une news", rencontre hebdomadaire dédiée tantôt à la culture, tantôt à la politique, aux questions de société… organisée par le quotidien Djazaïr news. Devant un parterre de journalistes et de citoyens, M. Driencourt a répondu aux questions sensibles et moins sensibles qui reviennent, ces derniers temps, sur le devant de l’actualité. Point d’orgue, sans doute, de la rencontre, la réponse à la question sur les contrôles au retour des détenteurs de visas Schengen (lire).
« Ce n’est pas une pratique nouvelle, ni propre à l’Algérie », a assuré l’ambassadeur, ajoutant qu’elle a fait l’objet, le 11 août 2007, d’explications détaillées sur le site internet de l’ambassade. « Un certain nombre de cas de demandeurs de visa posent problème, génèrent des doutes sur les intentions réelles du demandeur. Donc, la pratique consiste à donner le visa, à faire confiance, mais à demander à la personne, à son retour, de nous retourner sa carte d’embarquement ». M. Driencourt a précisé que cette pratique ne s’applique qu’à 4,25 % des Algériens.
L’instruction consulaire française de mai 2011 n’introduit donc rien de nouveau dans cette mesure purement administrative. Elle vise à harmoniser les pratiques des différents consulats français dans le monde. Preuve que la question préoccupe la France, qui tient à ses bonnes relations avec l’Algérie, en cette année d’échéances électorales et de cinquantenaire de l’indépendance, les explications de Xavier Driencourt ont été accompagnées de la distribution d’un communiqué de presse, revenant en détail, point par point, sur les questions suscitées par cette procédure. « Les Algériens doivent être rassurés. Le contrôle des retours n’est pas une mesure discriminatoire à leur encontre. C’est une pratique ancienne et universelle », conclut le communiqué de presse de l’ambassade.
La polémique Guéant
À propos de l’organisation du cinquantenaire de l’indépendance, l’ambassadeur a réitéré ce qu’il avait déjà dit le 16 janvier à l’Institut français d’Alger : « C’est votre fête ». Devant l’insistance de certaines questions, il a fini par lever un peu le voile sur le sentiment de la France par rapport à cette commémoration : « Pour la France, c’est d’une part l’indépendance d’un nouvel État mais c’est aussi une part de l’Histoire de France qui a concerné beaucoup de Français d’Algérie, attachés à cette terre, que vous ne pouvez pas occulter ».
Les dernières déclarations du ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, à propos de l’inégalité supposée entre les civilisations – « Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas », avait‑il déclaré vendredi dernier lors du congrès de l’organisation étudiante UNI, proche de l’UMP – ont aussi fait l’objet d’une demande de mise au point. « Vous me prenez au dépourvu », a d’abord avoué l’ambassadeur en réponse à la question d’un journaliste, avant d’expliquer : « Je n’ai pas entendu ce qu’a dit Claude Guéant, mais j’ai entendu ce qu’a dit mon ministre de tutelle, Alain Juppé, sur BFM TV [la chaîne française d’information en continu, NDLR] ». Il a expliqué que, « sans doute, Claude Guéant voulait parler des systèmes politiques, des idées, et non des civilisations. Je pense qu’il faisait allusion aux différences de respect des droits de l’homme et de la femme et au degré de démocratie, différent selon les pays. Je m’en tiendrai à ce que j’ai entendu de la bouche d’Alain Juppé ».
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