Il demande à l'Algérie de ne plus financer la Mosquée de Paris
Abderrahmane Dahmane: "Aucun musulman n'a envie de soutenir monsieur Boubekeur"
Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Abderrahamane Dahmane, a été limogé vendredi dernier de son poste à l'Elysée pour s'être opposé publiquement au débat sur la laïcité initié par l'UMP, le parti du président français. Aujourd'hui, il réagit vivement au soutien apporté par Dalil Boubekeur, le recteur de la Mosquée de Paris à ce débat et demande aux responsables politiques maghrébins d'agir pour faire annuler ce débat.
Le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a affirmé samedi dernier que l'Institut musulman de la Mosquée de Paris allait « apporter une contribution constructive au débat sur la laïcité » organisé par l'UMP, le parti du président français Nicolas Sarkozy. Cette position est-elle comprise et partagée par la communauté musulmane de France?
C'est toute la communauté musulmane qui est contre cette position. Vous voyez par exemple les Algériens s'associer à ce débat? Je ne crois pas. Nous n'allons pas trahir nos martyrs qui se sont battus pour préserver leur islamité et leur culture musulmane contre le colonialisme. Nous sommes soutenus par une partie des hommes politiques français de gauche, les gaullistes, les verts. Je veux aussi rendre hommage à François Fillon (premier ministre français, ndlr) et à Alain Juppé qui sont contre ce débat et à Jean-Louis Borloo qui a dit hier qu'il n'était pas là pour tirer sur l'islam. A l'inverse, nous voyons Dalil Boubekeur qui finalement tire sur l'islam et qui s'allie à un débat de la honte.
Est-ce que cette position de Dalil Boubekeur peut avoir un impact sur l'image de l'Algérie auprès de la communauté musulmane de France quand on sait que c'est l'Algérie qui « dirige » la Mosquée de Paris?
Dalil Boubekeur n'a jamais été crédible donc il n'y aura pas d'impact sur l'image de l'Algérie. Il n'y a aucun musulman qui a envie de soutenir monsieur Boubekeur. Il a trahi les valeurs algériennes. Il s'est retourné comme une girouette à l'appel de Jean-François Copé en disant qu'il participait à ce débat.
Vous avez lancé un appel aux chefs d'Etat du Maghreb et plus particulièrement au président algérien Abdelaziz Bouteflika pour qu'ils interviennent afin de faire annuler ce débat sur la laïcité en France. Quel type d'intervention attendez-vous précisément?
Je m'adresse au président de la République algérienne et à nos compatriotes pour qu'ils refusent d'être ainsi stigmatisés et marginalisés dans la société française. La laïcité française n'est pas contre l'islam, contre les religions. C'est très simple, aujourd'hui c'est l'Algérie qui budgétise la Mosquée de Paris. Les Algériens et l'ensemble des musulmans de toute nationalité qui ont une admiration pour l'Algérie et sa révolution sont étonnés que nous budgétisions des traîtres. Comment le président de la République algérienne, qui est quand même le garant des valeurs de la révolution, peut-il continuer à budgétiser une mosquée à la tête de laquelle il y a un traître? Je le dis sincèrement. Il faut que le président mette fin à cette situation. Il y a des centaines de mosquées attachées à l'Algérie que nous pouvons financer.










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