Quatre personnes devaient être jugées, mercredi 28 juillet, en France pour « dégradations par incendies ». Elles sont poursuivies pour avoir brûlé le drapeau d’une mairie – pas le drapeau français - avant de le remplacer par celui de l’Algérie. L’incident, qui s’est produit dans la nuit du 13 au 14 juin après le match Slovénie-Algérie en Coupe du monde, avait provoqué de vives réactions en France, notamment de la part de l’UMP, le parti au pouvoir.
Cet événement constitue une nouvelle illustration de l’explosion de l’algérophobie en France. Tout au long du Mondial, les ressortissants de la majorité des pays qui ont participé à la compétition ont défilé en France après la victoire de leurs équipes. Et de la même manière que les Algériens après les matches de qualification au Mondial, en investissant l’avenue des Champs Elysées à Paris et les principales places des villes de province. Mais contrairement à ce qui s’est passé avec l’Algérie, les défilés des autres supporters n’ont donné lieu à aucun commentaire en France. Même la police française donne l’impression de mieux maîtriser la gestion des défilés des Européens et des Latino-américains que ceux des supporters de l’Algérie. Il est vrai que les supporters algériens sont beaucoup plus nombreux en France que ceux des autres nations.
Il y a encore quelques années, l’algérophobie était répandue presque exclusivement dans les milieux d’extrême-droite et des anciens de la guerre d’Algérie. Un dernier cercle vient de rejoindre cette tendance : les milieux d’affaires. Dans les diners en ville et les rencontres professionnelles, l’Algérie n’a plus la côte parmi les patrons français. Certes, les autorités algériennes ont multiplié les signes négatifs à l'égard des investisseurs étrangers ces derniers mois, mais les Français s’estiment exclus des juteux contrats distribués par Alger dans le cadre des plans de relance économique.
Au sein de la classe politique, l’Algérie ne compte presque plus d’amis. Les réceptions de l’ambassadeur d’Algérie à Paris sont boudées par les ministres et les personnalités politiques. Une bouderie qui peut difficilement s’expliquer par l’absence de progrès démocratiques en Algérie. Et pour cause : les réceptions de l’ambassadeur du Maroc, un pays plus fermé que l’Algérie sur le plan politique et médiatique, attirent ministres et personnalités politiques, de droite comme de gauche.
Conséquence de cette algérophobie, Alger ne compte plus de soutiens ni au sein de la classe politique ni dans les milieux d’affaires capables de défendre sa cause sur des dossiers comme le Sahara occidental ou l’immigration. La France apporte un soutien inconditionnel au Maroc sur le Sahara occidental. Elle fait le forcing pour obtenir une modification des accords migratoires de 1968 afin d’aligner les Algériens sur le régime général des étrangers. Enfin, elle s’apprête à intervenir militairement au Sahel sans avoir consulté l’Algérie.



















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