De lourdes peines ont été requises lundi par le tribunal criminel d'Alger contre 15 accusés dans le double attentat d'août 2008 à Bouira (120 km à l'est d'Alger) qui avait fait au moins 11 morts et 31 blessés, a constaté un journaliste de l'AFP. Le procureur a requis contre sept d'entre eux, accusés d'appartenance au groupe Al Qaïda du Maghreb islamique (Aqmi), 20 ans, la peine la plus lourde. Il a également requis dix ans contre six autres hommes pour financement du groupe et cinq ans contre les deux derniers pour non‑dénonciation des attentats en préparation.
Huit autres accusés dans ce double attentat qui s'était produit le 8 août 2008 dans cette ville riveraine de la Kabylie sont en fuite. Le commanditaire a, lui, été tué. Ce jour‑là, deux voitures piégées avaient explosé au centre de Bouira, tuant 11 personnes et en blessant 31 autres, selon un bilan de la Radio nationale, mais une firme d'ingénierie canadienne, SNC‑Lavalin, a indiqué que douze de ses employés à bord d'un bus avaient péri dans un des deux attentats. Une première voiture avait visé leur car stationné près de l'hôtel Sophie, faisant outre les morts 27 blessés, et une seconde avait ciblé le siège du secteur militaire de cette ville, blessant quatre personnes.
L'enquête a établi que Mohammed Herati Kerman, l'un des sept accusés d'appartenance à Aqmi, avait acheté les deux véhicules utilisés dans le double attentat et les avait livrés à Abdelmoumène Derbal, alias Abou Hodeifa, émir d'Aqmi de la région de Lakhdaria proche de Bouira, selon l'acte d'accusation. Derbal a été tué avec sa femme et son fils de trois ans une semaine plus tard dans une embuscade tendue par l'armée. Un ex‑policier, Mohammed Doudah, le beau‑père de Derbal, est accusé de n'avoir pas dénoncé son gendre mais il s'est vigoureusement défendu affirmant ignorer qu'il avait donné sa fille à un membre d'Aqmi. Le verdict était attendu lundi soir après les plaidoiries de la défense.
06/02/2012 à 18:46 |
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