L'organisation d'un colloque sur le Front de Libération nationale (FLN), organisé dans les locaux du conseil général du Gard (France) en mars par des associations, faisait polémique mercredi, le secrétaire d'État aux Anciens combattants démentant que l'État l'ait subventionné. « Marc Laffineur, en charge des Harkis et des Rapatriés, rappelle que l'État n'a apporté aucun soutien, ni aucune subvention à cette manifestation », affirme‑t‑il dans un communiqué, condamnant « fermement l'utilisation frauduleuse d'un logo du ministère de la Culture et de la Communication » par les organisateurs.
Les 10 et 11 mars, neuf associations, dont l'association des Algériens du Languedoc‑Roussillon et de l'Aveyron, France‑El‑Djazaïr, France Palestine Solidarité et la CGT du Gard, organisent deux jours de débats autour du thème "la Fédération de France du FLN, 1954 – 1962". Le colloque doit se tenir à l'auditorium du conseil général du Gard à Nîmes. Sur la plaquette d'information du colloque, trois logos : ceux du Département, de la Région et du ministère de la Culture et de la Communication. « L'objectif de ce colloque est de confronter les analyses d'historiens de haut niveau, français et algériens qui, dans leur diversité, loin de toute pression de lobbies partisans, nous livreront les résultats de leurs recherches », précise la plaquette.
Interrogé par l'AFP, Bernard Deschamps, fondateur de France‑El‑Djazaïr, a expliqué que la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), à qui avait été envoyée la demande de subvention de 2 000 euros « dans les délais », ne lui avait indiqué que mardi « par téléphone » – alors que la plaquette et les affiches étaient déjà imprimées – que le colloque ne toucherait rien de l'État. Dans son communiqué, M. Laffineur ajoute que le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, se gardait « le soin de juger de la suite qu'il voudra donner à ce détournement mensonger ».
Une association de Pieds‑noirs basée dans le Var, l'Union syndicale de défense des intérêts des Français repliés d'Algérie (Usdifra), a fait part de son côté de son indignation et a demandé l'annulation de cette manifestation, selon le quotidien régional Midi Libre. La semaine dernière, le Front national, par la voix d'Alain Jamet, conseiller politique de Marine Le Pen aux anciens combattants et à la mémoire, avait condamné l'organisation de ce colloque. « Ils ont osé subventionner une manifestation à la gloire du FLN à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie », s'insurgeait M. Jamet dans un communiqué.
22/02/2012 à 20:56 |
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