Trois jeunes ont comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Créteil pour avoir décroché et brûlé l'étendard de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) pour le remplacer par un drapeau algérien.
L'affaire avait fait grand bruit. Dans un premier temps, la police et la municipalité (PCF) avaient affirmé que l'étendard incendié, retrouvé le 14 juin au lendemain du match de Coupe de monde Algérie-Slovénie, était un drapeau français. L'événement avait déclenché une cascade de réactions politiques et une poussée de fièvre de l'extrême-droite.
La confusion ne s'est pas totalement dissipée à l'audience. La présidente Michelle Jouhaud a évoqué d'abord la détérioration "d'un symbole important pour les citoyens de la commune mais aussi pour la République". Photo en main, elle a constaté que l'étendard bleu et rouge de la commune avait peu en commun avec le drapeau tricolore.
Agés de 22 à 27 ans et connus des services de police, les prévenus se sont passés des services d'un avocat. Ils nient en bloc. Un quatrième suspect est toujours en fuite. "Je suis français, je suis né en France. Des conneries j'en ai faites mais j'ai jamais fait ça", s'exclame l'un d'eux Mustapha M., intérimaire. Un de ses co-prévenus, José F., ne sort de son mutisme que pour répéter une seule et même phrase: "C'est pas moi qu'ai fait ça."
Incriminant les médias, l'avocat de la commune, Jean-Louis Péru, insiste sur le préjudice subi par Villeneuve, présentée à tort "comme la ville où le drapeau français a été incendié". Il demande le versement d'un euro symbolique et le remboursement du drapeau endommagé, soit la somme de 302,59 euros.
La procureure Brigitte Franceschini qualifie l'acte de "connerie" et fait un lien avec les footballeurs français lors du dernier Mondial. "Quand on voit comment se comporte l'équipe de France, on ne peut pas être étonné des excès de certains supporteurs", dit-elle. Aux termes de la mesure de réparation pénale qu'elle requiert, les prévenus devront financer le remplacement du drapeau et verser un euro symbolique, sous peine d'encourir un mois de prison. Jugement le 6 septembre.



















Vos réactions