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Entretien avec Djamel Benabdeslam, secrétaire général du mouvement Islah

« L’ANC est constituée de partis islamistes, démocratiques et laïcs »



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Vous avez constitué une alliance appelée ANC (Alliance nationale pour le changement). S’agit‑il d’un clin d’œil à Nelson Mandela et à son combat ?

Notre choix n’est pas fortuit. Nelson Mandela est un homme de paix, nous l’avons pris pour exemple. Pour revenir à l’ANC algérienne, elle est composée de plusieurs partis politiques comme El Islah, PRA, RPR de Merbah, Daâwa oua Taghier de Mustapha Belmehdi (ex‑MSP), de syndicats, d’une organisation de défense des droits de l’homme, de l’association des ex‑détenus du Sud. Elle regroupe des partis islamistes, nationalistes et laïcs. Il y a également des personnalités politiques comme l’ancien chef du gouvernement Ahmed Benbitour, l’ancien secrétaire général du RND, Tahar Benbaibeche, des intellectuels, des universitaires et une quinzaine de députés.
 
Quel est l’objectif de l’ANC ?
 
Le changement pacifique démocratique réel et global en Algérie. Nous sommes pour l’instauration d’un état de droit, le respect des libertés, la justice sociale et l’élaboration d’une stratégie nationale de développement économique. Nous allons commencer par l’adoption d’une forme de revendications politiques lors d’une conférence nationale. Cette plate‑forme sera transmise ensuite au président de la République pour l’ouverture un dialogue politique, avec comme objectif le changement pacifique.
 
 
L’ANC va-t-elle demander le départ du président Bouteflika, comme le font les Égyptiens avec Moubarak et avant eux les Tunisiens avec Ben Ali ?
 
Pour le moment, cette question n’est pas posée. Mais nous estimons qu’une nouvelle révision de la constitution est indiscutable pour rétablir l’équilibre entre l’exécutif et le législatif. Le dernier référendum de 2008 a placé l’exécutif au‑dessus du législatif. L’APN ne peut plus contrôler le gouvernement et le président de la République. Le chef de l’État légifère par ordonnance. L’APN peut contrôler le gouvernement, mais ce dernier applique le programme du président qui ne peut pas être surveillé par les députés. Dans ce système, le premier ministre n’a aucun sens et l’APN non plus. Nous demandons des législatives anticipées.
 
 L’ANC est-elle une réponse à l’initiative des partis dits démocratiques de créer la CNCD ?
Non. L’ANC est constituée de partis islamistes, démocratiques et laïcs. Lors de sa création, il n’y avait aucune banderole, ni slogan. Seul le drapeau algérien était accroché dans la salle. On a décidé de se réunir en tant qu’Algériens, avec toutes nos différences.
D’ailleurs, nous sommes en contact avec la CNCD, nous allons tenir des rencontres ensemble et discuter de la situation du pays.
 
 Est-ce que vous allez participer à la marche de la CNCD le 12 février ?
 
On ne participera pas à cette marche, mais on a demandé aux autorités de l’autoriser et de protéger les manifestants. On soutient toutes les initiatives politiques pour un changement pacifique en Algérie.
 
 
Est-ce que l’ANC prévoit d’organiser des marches populaires ?
 
Pas dans l’immédiat. Mais les marches ne sont pas exclues. Tout dépendra de la réponse du président à notre plate‑forme de revendications. Nous devons d’abord expliquer aux Algériens notre démarche et nos objectifs.
 
 
Le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé jeudi 3 février plusieurs mesures dont la levée prochaine de l’état d’urgence. C’est une réponse favorable à une demande ancienne de l’opposition. Quel est votre avis ?
 
Le président a affiché une volonté de lever l’état d’urgence, mais il ne l’a pas fait. On demande sa levée durant ce mois de février, sans aucune exception pour des villes ou des régions. On ne comprend pas le maintien de l’interdiction de manifester à Alger alors que le terrorisme est quasi inexistant dans la capitale. Le terrorisme frappe encore à Boumerdes, Bouira et Tizi Ouzou. C’est une discrimination entre les Algériens. Les mesures de Bouteflika sont insuffisantes. Ce qu’il donne d’une main, il va le reprendre de l’autre.
 
 
Selon vous, pourquoi le pouvoir interdit‑il les marches populaires à Alger ?
 
Parce que les autorités ne veulent pas entendre les cris de détresse des Algériens. C’est la seule explication à cette décision. Les responsables ne veulent pas écouter le peuple.
 
 
Le président Bouteflika a également annoncé l’ouverture des médias lourds à l’opposition. Êtes‑vous satisfait ?
 
Pas entièrement. On ne peut pas se contenter d’une minute ou deux au journal télévisé. Nous demandons l’ouverture des médias lourds aux débats politiques contradictoires. La télévision doit organiser ces débats, avec la présence des représentants de l’opposition que ces derniers puissent expliquer aux citoyens leurs programmes et visions de la société. Et aussi, faire connaître leurs partis. Les médias lourds doivent permettre à l’opposition de s’exprimer. Aujourd’hui, seuls les 3+1 sont autorisés à s’exprimer à la télévision. Les partis de l’Alliance présidentielle et le PT qui fait de la propagande au nom de l’opposition au service du pouvoir.
 
Nous demandons une vraie ouverture des champs politique et médiatique. Il faut donner la possibilité aux Algériens de créer de nouveaux partis politiques et des journaux. Le peuple doit être le seul juge. L’État ne doit pas favoriser un parti politique donné. Jusqu’à aujourd’hui, El Islah n’a pas de siège alors que d’autres partis ont bénéficié gracieusement de locaux de la part de l’État.

 

 
07/02/2011 à 17:38 | 23 commentairesRéagir

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Vos réactions


..............ou, quand les faucons se font vautours.

c'est parce qu'elle est composée de partis islamistes, démocratiques, laïcs, agnostiques et que sais je d'autre que l'anc ressemble étrangement à un panier à crabes (le fln de belkhadem??). car à y regarder de près, quel serait l'objectif ultime de cette "alliance"? se débarrasser de notre bien aimé fakhmatouhou national; se débarrasser du système pour le remplacer par un clone; ou tout simplement reconstruire le système avec quelques nouveaux acteurs; la réponse la plus pertinente est la dernière car elle résume bien le dilemme de la soi disant opposition. en effet tant qu'on n'aura pas clairement identifié la contradiction principale du moment (celle qui lie et oppose les rentiers du système au marginalisés du système), toute alliance n'aura de fait comme but que de remplacer les "anciens colons" par de "nouveaux colons". cette anc ne peut donc être constituée que d'opportunistes dont le but ultime est de prendre la place de la marabounta qui nous gouverne. quant à la populace (les couches sociales marginalisées par la distribution de la rente), qui s'en soucie vraiment? enfin ce panier à crabes et sa composante suggèrent que les "services" ne sont pas étrangers à son émergence. et si cette dernière hypothèse est vraie, alors notre bien aimé fakhamatouhou national serait bien avisé de préparer ses valises. PS: le sieur benabdeslam ressemble étrangement à un flic, n'est ce pas?

Ya si Elmakhlouf el bombardi, un berbériste ne se définit pas par rapport à une religion mais par rapport a son ethnie, sa culture et sa langue. De plus un berbériste peut être anti-islamiste mais pas anti-islam, ça n'a pas de sens d'être contre une religion en politique mais contre le courant politique qui s'en proclame. En plus depuis l'existence du mouvement berbériste, on a jamais enregistré un assassinat d'une personne du fait des berbéristes, mais on ne peut pas dire autant des islamistes.

D'apres ce que j'ai remarque sur ce forum, si c'etait Les berberistes anti-islam qui avaient gagne des elections transparentes et que le pouvoir l'auraient confisque, on aurait eu un genocide de grande ampleur en algerie.Elhamdullillah ces gens la sont une infime minorite dans la societe algerienne, et ce qui les frustre le plus ils savent parfaitement que dans une vraie democratie en algerie, ils vont etre ridiculiser :)

@Adel92 tres bien dit , ce que tu viens de dire est juste et tres clair.

Je pense que nous sommes dans une situation telle que les débats idéologiques n’ont pas vraiment leurs places. Car qui dit débats idéologiques dit possibilité de choix pour la société algérienne. Je pense que le problème est justement dans ce « choix ». Car qui dit possibilité de choix dit élection libre et transparente, plus que ca il faut que tout les défendeurs des options idéologiques peuvent le faire sans aucune entrave et sur le même pied d’égalité ! Est ce le cas actuellement ? bien sur que non. Donc a quoi ca sert de débattre qui est pour une Algérie laïque, l’autre pour une Algérie islamique… etc. en l’état actuel des choses ?? Je pense que la première chose à faire est de se débarrasser de champignons nuisibles qui rangent le pays. Apres ca tout les courant idéologiques ont leurs place pourvu qu’ils renoncent à la violence comme mode d’accès au pouvoir et accepte l’alternance comme mode de gouvernance !

thanumi, une fois le changement opéré, ils s'attelleront à se remplir les poches tout en nous faisons danser sous des airs de rumba et de salsa.

Alliance national pour le changement et puis quoi??? Une fois le changement opéré, vous aller faire quoi!!! vous retirez et laisser les démocrates et les laïcs gouverner ou bien rebelotte ???

Averquac, salut à toi, loin de tirer des conclusions sur le profil sociologique de notre société, je ne fais que transcrire une observation factuelle des interventions sur ce site qu'on peut qualifer, ne serait-ce que par son choix d'absence de modérateur, de politiquement ouvert à toutes tendances. Or, il se dégage nettement une espèce de méfiance spontanée envers l'islamisme politique qui est appréhendé de la même façon que le régime qui l'a enfanté (une sorte de revrs de la médaille). cela reste bien sûr un avis personnel. Quant au paradigme modernité versus moyen âge, je suis daccord avec ton analyse sans pour autant sombrer dans le sceptisisme pour peu que le blocage politique du système entrevoit une issue. Amicalement

Lorsqu'on parachute du miel a distance, il arrive sans doutes a bon port et bien empaqueté.La raison dicte que celui qui veut en goûter, s'approche des essaims au risque de se faire piquer par une abeille... Sinon, l'adage est d'actualité qui dit: " A beau mentir qui vient de loin."

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