Après l’informel, le permis de conduire et le S12
Quelles seront les prochaines reculades du gouvernement ?
Le gouvernement continue de reculer sur des décisions impopulaires. Après avoir renoncé à affronter les barons de l’informel et suspendu le nouveau code de la route, il vient de supprimer l’extrait de naissance S12 de la liste des documents exigés pour l’établissement de la carte d’identité nationale. Mais la rue semble vouloir plus, comme le montrent les protestations à travers de nombreuses régions du pays.
Pour tenter de calmer la rue, le gouvernement pourrait annoncer de nouvelles mesures d’apaisement. Mais lesquelles ? Les problèmes et les dysfonctionnements sont tellement nombreux et les autorités sont restées pendant de nombreuses années sourdes aux revendications des Algériens.
Le gouvernement va‑t‑il punir les responsables corrompus qui attribuent des logements à leurs amis ? Va‑t‑il revoir les critères de distribution des logements, déposséder les faux bénéficiaires et mettre en place un fichier national du logement ? Va‑t‑il accorder une allocation chômage aux demandeurs d’emploi ? Refaire les routes détériorées et aménager les voiries dans les villes et villages ? Le gouvernement va‑t‑il enfin lever les impopulaires barrages de police et de gendarmerie sur l’autoroute qui mène vers les régions de l’est du pays ? Ou attendra‑t‑il une révolte des usagers de la route, excédés par des embouteillages fabriqués par les autorités pour ralentir la circulation et empêcher les Algériens de se déplacer comme ils le souhaitent ?
Les milieux d’affaires attendent aussi leur part de concessions. Les spéculations vont bon train sur les prochaines reculades du gouvernement. Va‑t‑il supprimer la lettre de crédit, qui favorise la corruption dans l’administration et a provoqué le blocage des importations et des pénuries fréquentes de médicaments et d’autres produits de large consommation ? Le gouvernement va‑t‑il suspendre l’application du nouveau code des marchés publics, décrié par les gestionnaires publics et montré du doigt par les organisations patronales comme étant défavorable aux PME/PMI privées ? Le président Bouteflika va‑t‑il remanier en profondeur son gouvernement et l’ouvrir à des personnalités crédibles capables de comprendre les aspirations de la jeunesse ?
Mais aujourd’hui les concessions pourraient avoir un effet très limité sur la rue. Les Algériens risquent en effet de rester sourds aux annonces du gouvernement et exiger, comme en Tunisie et en Égypte, un changement profond du système à l’origine des problèmes qu’il tente de régler aujourd’hui.
10/02/2011 à 19:29 |
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