Sur toutlalgerie.com, nous n’hésitons point à dénoncer les dérives des pouvoirs publics lorsqu’une atteinte à la liberté d’expression est avérée, mais nous le faisons sur un site fait par et pour des internautes algériens. Comme c’est le cas au quotidien pour des dizaines de journaux et périodiques qui se battent, en Algérie, pour que les pousses de la liberté, arrachée au prix du sang en octobre 1988, se renforcent et s’élèvent d’une façon irréversible.
Notre chanteuse de blues a eu à ce point le cafard pour s’en prendre à ses racines lorsqu’elle pouvait mettre sa jeune expérience au service de cette culture algérienne qu’elle déprécie allègrement dans une publication du Maroc voisin. Sait-elle que dans ce pays, la censure à l’encontre des créateurs et des intellectuels est pratiquée à large échelle et que son interview est juste utilisée à des fins de guéguerre psychologique contre le frère ennemi ? Bien sûr, nous n’allons pas verser dans le triomphalisme béat en soutenant que chez nous tout baigne dans l’huile, mais force est de reconnaître que nos élites se bagarrent, intelligemment, pour rendre notre vécu meilleur.
Souad Massi pense-t-elle rendre service à sa carrière en prenant le risque de s’aliéner ses fans en Algérie – les réactions indignées de nos lecteurs sont nombreuses !- et où croit-elle trouver un public de substitution ? Prend-elle conscience que, sous d’autres contrées, les artistes au faîte de leur gloire se mettent au service d’une cause noble à même de soulager les souffrances de certains de leurs compatriotes ? Participer, par exemple, à faire ou parfaire l’éducation artistique de nos enfants dans les campagnes ou, tout simplement, donner le produit d’un concert pour soulager les affres de la maladie ou effacer les stigmates d’une catastrophe naturelle…
Devrais-je rendre à mon disquaire l’album de Souad Massi que j’ai acheté par souci premier de soutenir la jeune création artistique algérienne ? J’espère que non, mais…
30/07/2007 à 12:47 |
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