Dix mille billets gratuits pour supporters algériens. Des visas délivrés directement à l’aéroport de Khartoum et des prix symboliques dans les hôtels de la capitale soudanaise qui accueilleront les supporters des Verts. Plus qu’un geste d’amitié en direction des Algériens, la décision des autorités soudanaises de faciliter l’accueil et le séjour des supporters des Verts pourrait modifier la donne du match de mercredi prochain.
Au départ, le choix du Soudan avait donné l’impression que les Egyptiens ont été les plus chanceux. Pour leurs supporters, il suffit en effet de franchir la frontière dans des bus pour envahir la capitale soudanaise et mettre une nouvelle fois une forte pression sur les Verts. Mais le Soudan a décidé qu’il en sera autrement. Les conditions seront équilibrées, voire légèrement en faveur de l’Algérie. Car au Soudan, les Egyptiens ne sont pas forcément les bienvenus.
Les relations entre Khartoum et le Caire sont en effet exécrables. Les problèmes entre les deux pays sont nombreux : la frontière, le partage des eaux du Nil, la position sur le Proche-Orient, les liens entre Khartoum est les islamistes égyptiens, etc. La forte communauté soudanaise vivant en Egypte souffre de discrimination et de maltraitance de la part des Egyptiens. Pour leur part, les Soudanais considèrent les Egyptiens comme des serviteurs de l’Amérique et d’Israël dans le monde arabe. Les Soudanais ont beaucoup de mépris pour l’Egypte à cause de ses positions internationales.
Les relations entre les deux pays se sont nettement dégradées au lendemain de l’attentat, perpétré le 25 juin 1995, contre le président Hosni Moubarak en marge du sommet de l’OUA à Addis Abbeba, en Ethiopie. Le Caire avait accusé Khartoum d’avoir commandité l’attentat raté avant de le faire condamner six mois plus tard par l’ONU. Sous l’impulsion des Etats-Unis, le Conseil de sécurité a voté le 30 janvier 1996 une résolution condamnant « les menées terroristes » du régime soudanais et lui a enjoint de livrer trois des auteurs présumés de l'attentat contre Moubarak « qui ont trouvé refuge sur son territoire », selon le texte.
La décision soudanaise s’explique aussi par les bonnes relations entre Alger et Khartoum. Les deux pays font partie du « front du refus » hostile à Israël. En mars dernier, Alger a été la première capitale arabe à avoir condamné publiquement la délivrance d’un mandat d’arrêt international à l’encontre du président soudanais Omar El Bachir alors que les Egyptiens s’étaient rangés du coté américain.
Les Algériens peuvent mettre à profit cette situation pour se mobiliser fortement mercredi prochain en allant supporter massivement les Verts à Khartoum.
15/11/2009 à 14:53 |
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