
La coupe du monde nord-américaine ne pouvait fatalement pas échapper à l’ombre de la présidence Trump et aux retombées de sa politique.
Lors du Mondial 2022, l’Occident s’est mobilisé contre le Qatar à cause de la décision de l’émirat du Golfe d’interdire les drapeaux LGBT. Au Mondial 2026, et avant même qu’il commence, des dérapages sont enregistrés aux États-Unis, sans que personne ne lève le petit doigt.
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Alors que des appréhensions étaient soulevées plusieurs mois avant le coup d’envoi quant à l’entrée des supporters étrangers sur le territoire américain, en raison de la politique migratoire drastique du président républicain, personne ne s’imaginait que même des acteurs directs de la compétition seraient refoulés ou humiliés devant les yeux du monde entier. Avant même qu’il ne commence, le Mondial 2026 est entaché de scandales.
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Arbitre FIFA ou pas, aucun Somalien ne foulera le sol des États-Unis
Le plus retentissant est le refoulement à Miami d’un arbitre dûment désigné par la FIFA pour diriger des matchs de la compétition.
Il s’agit du Somalien Omar Abdulkadir Arkan, meilleur arbitre africain en 2025, donc du moment. Les attaques répétées du président Trump contre la Somalie depuis son retour au pouvoir en janvier 2025 se sont traduites par une mesure qui indigne le monde du football et met dans une grande gêne la FIFA et son président, Gianni Infantino, ami assumé de Trump.
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L’arbitre a fait un long périple et une gymnastique compliquée pour arriver aux États-Unis. Faute de visa, il s’est fait délivrer un passeport diplomatique au Kenya puis il a transité par la Turquie avant de débarquer à Miami. Sur place, les agents des douanes et de l’immigration n’ont rien voulu entendre : arbitre FIFA ou pas, aucun Somalien ne foulera le sol des États-Unis.
Les autorités américaines ont pleinement assumé cet acte. “À l’issue de l’inspection, le voyageur a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents”, a déclaré la police aux frontières américaine.
La Confédération africaine de football (CAF), qui voit son meilleur arbitre humilié de la sorte, se mure dans le silence. La FIFA, elle, s’est contenté d’exprimer son impuissance, expliquant que “c’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire.”
Fouille humiliante des joueurs du Sénégal et de l’Ouzbékistan
L’instance footballistique mondiale n’a pas plus agi quand les joueurs de deux nations participantes ont été humiliés par une fouille au corps poussée, en public.
La délégation du Sénégal a subi une fouille minutieuse en Caroline du Nord à sa descente d’avion, à même le tarmac de l’aéroport. Les agents portaient des gants quand ils passaient le détecteur aux joueurs de Pape Thiaw, un à un. Que pensaient-ils pouvoir trouver sur des footballeurs de ce niveau ? Les images de ce contrôle humiliant ont fait le tour du monde. La CAF, la fédération sénégalaise de football et la FIFA gardent étrangement le silence.
Le même zèle a été affiché avec l’équipe d’Ouzbékistan qui s’apprêtait à affronter les Pays-Bas en amical, lundi à New-York. Les joueurs ont été contraints de descendre de leur bus à l’entrée du stade, avant de subir une fouille humiliante. Du jamais vu dans le monde du football.
Et ce n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui attend les Iraniens.
Alors que Trump avait clairement exprimé le vœu que l’Iran ne participe pas au Mondial, la délégation de ce pays a dû s’installer au Mexique tandis que ses matchs du premier tour auront lieu aux États-Unis. Elle devra faire des centaines de kilomètres en aller-retour à chaque match. Quel accueil lui sera réservé quand elle foulera le sol américain ?
Personne ne peut prétendre qu’il ne savait pas
Si les États-Unis avaient organisé l’une des meilleures coupes du monde de l’histoire en 1994, celle de cette année est faussée, avant même qu’elle ne débute, par les dérapages de la politique du président Donald Trump.
Les doigts accusateurs sont pointés sur son ami Gianni Infantino qui l’a couvert d’honneurs malgré ses excès. La semaine passée, la Fédération norvégienne de football a saisi la commission d’éthique de la Fifa afin de clarifier les conditions dans lesquelles le “prix de la paix” a été attribué par cette institution au président américain en décembre dernier.
Néanmoins, Infantino et la FIFA ne sont pas les seuls à blâmer dans ce qu’il est advenu du football et de la coupe du monde. Personne ne peut prétendre qu’il ne savait pas.
Une telle issue était prévisible depuis plusieurs mois et personne n’a soufflé mot lorsque l’administration américaine a multiplié les annonces de mesures restrictives, comme l’interdiction d’entrée sur le territoire américain aux supporters de certains pays ou l’imposition d’une caution pour d’autres dont ceux de l’équipe d’Algérie.
Du moins on n’a pas assisté aux appels au boycott qui avaient fusé en chœur lorsque le Qatar, hôte de l’édition 2022, avait décidé d’interdire sur son territoire certaines manifestations contraires à ses valeurs morales.