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Aux États-Unis, les tensions avec l’Iran font craindre une pire copie du scénario irakien

Aux États-Unis, les tensions avec l’Iran font craindre une pire copie du scénario irakien

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont franchi un cap, dimanche 19 mai, lorsque Donald Trump a adressé un message au ton menaçant à l’Iran. « Si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran », a averti le président américain dans un message publié sur le réseau social Twitter, son moyen de communication de prédilection, avant d’adresser une menace à l’Iran : « Ne menacez plus jamais encore les États-Unis ! ».

La menace adressée par le président de la première puissance militaire mondiale intervient dans un contexte où l’armée américaine a renforcé sa présence militaire dans la région du Golfe pour faire face à une « menace » qui viendrait de l’Iran. Un plan serait également envisagé par le Pentagone de déployer 120 000 soldats dans la région, une taille similaire à celle déployée par l’armée américaine lors de l’invasion de l’Irak en 2003 et faisant craindre à nombre d’observateurs une bis repetita du scénario irakien dans lequel les États-Unis s’est embourbée.

« Une guerre avec l’Iran serait la mère de tous les bourbiers », titre le journal américain le Washington Post dans un article d’opinion signé par Max Boot, qui avait été un fervent partisan à l’invasion américaine en Irak en 2003. « J’ai passé la semaine dernière à étudier les capacités iraniennes et je ne vois aucune option militaire qui pourrait être qualifiée de décisive ou à faible coût », affirme l’éditorialiste.

« Au lieu de cela, ce que je vois, c’est la mère de tous les bourbiers: un conflit qui ferait paraître la guerre en Irak – que je regrette profondément avoir soutenu – comme une ‘’promenade de santé’’ en comparaison », estime Boot, avant d’expliquer toute la difficulté qu’impliquerait une guerre contre l’Iran.

« Les États-Unis pourraient bien entendu bombarder l’Iran – même si cela ne serait pas aussi peu risqué que le bombardement contre l’Irak en 2003. L’Iran possède le réseau de défense antiaérien le plus perfectionné auquel les avions américains aient jamais été confrontés – les S-300 russes. L’US Air Force et la Navy pourraient certes l’emporter, mais cela ne serait pas facile et pourrait entraîner une perte de pilotes et d’aéronefs plus importante que celle à laquelle [les USA] sommes habitués », indique l’éditorialiste, rappelant que « les attaques aériennes sont généralement décisives seulement lorsqu’elles sont combinées avec des attaques au sol ».

« Malheureusement, il manque aux États-Unis une option au sol réaliste en Iran, qui est bien plus grand que l’Irak en termes de superficie et de population. Mathématiquement, il faudrait plus de 1,6 million de soldats pour contrôler l’Iran. C’est plus du double de la force active (656403) combinée de l’US Army et des Marines, et peu voire aucun des alliés américaines aideraient », estime l’analyste, qui tempère en rappelant qu’il est toutefois possible de « renverser le gouvernement iranien avec bien moins de troupes ».

« Mais si vous partez immédiatement après, comme voulait le faire John Bolton en Irak, le résultat pourrait être soit le chaos comme en Libye, ou l’émergence d’un nouveau régime anti-américain », précise cependant l’éditorialiste du Washington Post.

« Dis-moi comment elle se termine », demandait un général américain durant l’invasion de l’Irak en 2003. L’administration de George W. Bush n’en avait aucune idée. De même que les partisans d’une guerre contre l’Iran, au sein ou en dehors de l’administration Trump, n’ont aucune idée comment une guerre avec ce pays prendrait fin », affirme Max Boot. « Mieux vaut, dans ce cas-là, ne pas risquer à en commencer une », conclut-il.

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