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Comment les USA ont poussé dehors le président du Congo

Le président du Congo Joseph Kabila a annoncé ce mercredi sa décision de ne pas briguer un troisième mandat à la tête du pays qu’il dirige depuis 17 ans. Le président congolais a désigné son ex-ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, pour se présenter aux prochaines élections présidentielles prévues en décembre prochain.

La décision de Joseph Kabila intervient alors que les États-Unis prévoyaient une série de sanctions qui viseraient directement le président du Congo ainsi que ses plus proches. L’administration du président américain Donald Trump s’est dite « prête à prendre des sanctions plus poussées contre le régime de Joseph Kabila pour le dissuader de se présenter à l’élection présidentielle et de s’accrocher au pouvoir », a rapporté le Financial Times.

Les sanctions auraient notamment ciblé les finances de la famille de Joseph Kabila, notamment son épouse et sa sœur jumelle. La famille de Joseph Kabila a constitué un gigantesque « réseau d’entreprises qui s’étend dans tous les secteurs de l’économie congolaise et qui a rapporté des centaines de millions de dollars à leur famille », a révélé Bloomberg en 2016. La famille de Kabila contrôlerait également plus de 120 permis d’extraction d’or, de diamant, de cuivre ou de cobalt en RD Congo.

Kabila a pris le pouvoir en 2001 suite à l’assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila. Élu président en 2006, il est réélu pour un second mandat supposé le mener à quitter le pouvoir cinq ans plus tard, étant donné que la Constitution congolaise interdit plus de deux mandats. Toutefois, en 2016, Joseph Kabila refuse d’organiser des élections jusqu’en 2018.

Le refus du président congolais de quitter le pouvoir avait déjà entraîné une première vague de sanctions en septembre 2016, en juin 2017 puis en décembre 2017 visant des proches de Joseph Kabila, sans toutefois cibler son cercle intime. L’ultime menace de sanctions visant le portefeuille familiale a finalement fini par faire céder le président du Congo, qui a annoncé ainsi son intention de respecter la Constitution en ne se présentant pas.

Les États-Unis ont pour leur part salué la décision de Kabila de ne pas se présenter à sa réélection. « Nous saluons les informations selon lesquelles le président Kabila ne cherchera pas à obtenir un troisième mandat en conformité avec la Constitution de son pays », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley. « Ce développement est une autre avancée mais il y a bien davantage à faire », a-t-elle ajouté.

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