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Coronavirus : une chercheuse algérienne appelle les pays à « repenser leurs systèmes de santé »

Coronavirus : une chercheuse algérienne appelle les pays à « repenser leurs systèmes de santé »

La chercheuse algérienne Asma Mechakra, spécialiste en biologie cellulaire et moléculaire à l’université de Lausanne (Suisse), a plaidé pour le « respect des êtres vivants et de la Terre » dans le nouveau monde qui pourrait émerger suite à la pandémie du coronavirus.

« La leçon principale [de la crise sanitaire] est qu’elle a mis l’Homme face à sa finitude. Elle a montré qu’il ne comprend pas tout ce qui l’entoure et qu’il est vulnérable face à la nature qu’il croyait avoir dominée », estime la chercheuse dans un entretien au quotidien Ouest France, publié ce mercredi, ajoutant que l’Homme « a marqué de son sceau de manière irréversible la géologie et influencé les écosystèmes. Il a suffi d’une petite entité pour nous mettre devant nos contradictions ».

« La crise nous enseigne aussi que les pandémies en général ne sont pas de simples courbes exponentielles. Elles traduisent surtout des prises de décision politique. Les pays devraient repenser leurs systèmes de santé », indique Asma Mechakra. « Au lieu d’assumer leur échec face au Covid-19, certains se sont réfugiés derrière la théorie du complot et ont fait du ‘’China bashing’’ alors qu’ils devraient reconsidérer leurs propres politiques néolibérales », déplore-t-elle.

« La modernité a placé la croissance infinie au cœur de son système. Donc le stade le plus évolué du système économique capitaliste, à savoir l’économie globalisée, a conduit à la surproduction, au gaspillage et à toutes les dynamiques consuméristes qui l’entourent », explique la spécialiste en biologie cellulaire et moléculaire, précisant que la modernité « a entraîné des changements structurels. Tous ces éléments font qu’il existe une contiguïté de plus en plus importante des êtres humains avec les organismes qui peuvent être des réservoirs pathogènes », affirme-t-elle.

« Pour pouvoir concevoir un monde, peut-être faut-il créer l’Homme qui va penser ce monde-là ? Un Homme qui va contrecarrer le productivisme capitaliste, respecter les êtres vivants et les cycles régénératifs de la Terre », conclut Asma Mechakra.

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