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Covid-19 en Algérie : « Franchement, ce n’est pas la tragédie »

Covid-19 en Algérie : « Franchement, ce n’est pas la tragédie »

Les contaminations quotidiennes au coronavirus sont en hausse depuis trois jours en Algérie, avec 571 nouvelles infections recensées ces dernières 24 heures, selon le bilan officiel de ce jeudi.

Cette nouvelle poussée intervient après six jours consécutifs de baisse, ce qui confirme que l’épidémie évolue en dents de scie.

Les spécialistes restent prudents et jugent que cela ne suffit pas pour tirer des conclusions.

« Il y avait une petite baisse par rapport aux 600 cas enregistrés. C’est une baisse qui était stable sur 3 ou 4 jours, mais aujourd’hui il y a eu par exemple une petite augmentation. Mais ce n’est pas significatif. On verra dans les prochains jours si la baisse va continuer. Sur le plan épidémiologique, on ne raisonne pas d’une façon quotidienne, mais plutôt sur une semaine. 20, 40 ou 50 cas ne font pas une grande inflexion. On est face à une situation constante et surtout maîtrisée. Quand on fait une courbe, le nombre descend doucement mais pas à pic », analyse le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de surveillance de l’épidémie du Covid-19.

Concernant le bilan des nouvelles contaminations, il estime qu’il « n’est pas très significatif ».  Le Dr Bekkat parle d’une situation épidémiologique plutôt « stable » et qui n’incite pas à l’inquiétude. « Franchement, ce n’est pas la tragédie », relativise-t-il.

Le président du Conseil de l’ordre de médecins accueille favorablement la décision des autorités de rouvrir progressivement les mosquées et les plages.

« On ne peut pas continuer avec des interdits partout. Des pays nous ont précédés. Il faudra apprendre à vivre avec le virus », soutient-il.

Le Dr Bekkat Berkani prend acte du fait que « de plus en plus de gens portent le masque dans les espaces publics », au moment où, signale-t-il, en Europe des pays viennent juste de décréter l’obligation du port du masque en dehors de la maison.

« Un pays qui n’a comme loisirs que les plages, prisées aussi bien par les adultes que les enfants, comment faire l’impasse sur la période des vacances à la veille de la rentrée sociale ? S’il y a le burn-out des praticiens de la santé, on risque d’assister à un burn-out des citoyens », prévient le Dr Bekkat soulignant  que la réouverture des plages et des mosquées doit être accompagnée par une application des mesures sanitaires anti-Covid par les autorités locales dont le rôle est « prépondérant ».

Le Dr Yousfi (EPH Boufarik): « Chez nous, on ne note pas de décrue »

Pour le Dr Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses de l’EPH Boufarik, la situation épidémique n’a pas tellement changé.

« À l’image de ce que j’ai dans mon service, rien n’a changé.  On est toujours complet. Sur les 75 lits dont on dispose il ne reste pratiquement plus de place. Chez nous, on ne note pas de décrue », affirme-t-il.

« Pour l’effet yo-yo que connaissent les chiffres, c’est dû notamment au fait qu’on n’arrive pas à avoir des résultats (des prélèvements PCR) en temps réel », relève le Dr Yousfi, qui est aussi président du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP).

« Durant cette semaine, les résultats de la PCR arrivent de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) après 3 à 4 jours, contre 10 jours peu de temps avant », illustre-t-il au moment où la norme est de 48h au maximum.

Par ailleurs, le Dr Yousfi alerte que son service accueille de plus en plus des formes sévères de Covid, y compris chez des jeunes sujets. « Depuis l’Aïd el-Fitr, on a constaté que les cas hospitalisés sont des formes étendues et sévères qui nécessitent de l’oxygène. Il y a même des patients qui ont terminé leur cure de chloroquine mais qu’on est obligé de garder parce qu’ils ont toujours des problèmes respiratoires », souligne le Dr Yousfi.

 

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