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Dialogue politique : le grand compromis aura-t-il lieu ?

Dialogue politique : le grand compromis aura-t-il lieu ?

Plus que deux semaines nous séparent de la date fatidique du 9 juillet qui devrait marquer la fin légale du mandat du chef de l’Etat par intérim. Même si le Conseil constitutionnel a anticipé la vacance du pouvoir en donnant le quitus à Abdelkader Bensalah pour continuer sa mission qui est « d’organiser l’élection présidentielle », il n’en reste pas moins que, politiquement, l’après cette date sera synonyme d’une autre réalité.

Une raison supplémentaire qui devrait inciter le pouvoir à traduire ses multiples appels au dialogue par des mesures à même de permettre l’émergence d’une solution.

Le pays est dans une impasse totale et aucune solution ne pointe à l’horizon, paradoxalement au moment où toutes les parties convergent, d’abord sur le constat même qu’on est dans une voie sans issue, ensuite sur le chemin le plus court qui mène vers le bout du tunnel, soit le dialogue et la discussion.

Abdallah Djaballah, l’une des figures de l’opposition, a même admis dans sa dernière sortie publique que toutes les positions et propositions des uns et des autres ne sont pas très divergentes et qu’un rapprochement des vues est par conséquent tout sauf impossible.

Plus le temps passe, plus l’urgence d’aller vers un compromis est partagée. « Nous sommes arrivés à une étape où il faut essayer de faire une proposition », explique l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrahmane Hadj Nacer.

« Notre pays est face à une impasse alors que, pour la surmonter, le temps lui est chichement compté », confirme sur les colonnes du Quotidien d’Oran l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, qui plaide pour le compromis : « Dans l’histoire des nations, il y a des moments comme ceux que nous vivons qui exigent un grand compromis national. L’Etat national dont des générations ont payé la création au prix le plus lourd mérite ce grand compromis national. »

Ce compromis, Hadj Nacer se risque même à le détailler : trouver une personne ou un groupe de personnes « consensuelles », en qui la troupe et ses officiers auraient confiance et en qui la population doit se retrouver, dans ses volontés d’émancipation et d’être prise en considération.

La hirak ne faiblit pas, la situation économique se complique

Sur le terrain, le hirak ne faiblit pas et montre chaque vendredi davantage de résilience face aux tentatives de lui tordre le cou et l’affaiblir. Du coup, la voie de la concertation est unanimement admise comme unique solution pour une sortie de crise sans trop de casse.

L’autre facteur qui devrait fouetter tout le monde, c’est la situation économique dont les principaux indicateurs se compliquent à mesure que la crise s’inscrit dans la durée.

La solution miracle de la planche à billets étant officiellement abandonnée et son concepteur voué aux gémonies, il faudra trouver et vite autre chose pour faire face à la chute des prix du pétrole, l’érosion continue des réserves de change et le marasme économique né de l’incertitude qui pèse sur le climat de l’investissement et l’avenir des entreprises dont les propriétaires ont maille à partir avec la justice.

Du côté de l’opposition politique et de la société civile, l’idée d’une feuille de route commune qui enlèverait au pouvoir l’argument jusque-là inattaquable de l’absence de propositions et de vis-à-vis, n’est pas définitivement abandonnée.

C’est du moins le sens qui peut être donné au report de la conférence de l’opposition annoncée initialement pour la fin du mois en cours. Le conclave aura finalement lieu le 6 juillet. Il se pourrait en effet qu’il s’agisse d’une manière de se donner, d’une part, le temps pour convaincre les sept partis de la mouvance démocratique tentés un moment de faire cavalier seul, et de l’autre de laisser le pouvoir trancher des points qui seraient encore en suspens.

Les sept partis qui ont signé le 18 juin un appel aux forces de l’alternative démocratique devraient justement se revoir ce mercredi et, de ce qu’ils décideraient, dépendra le sort du projet de l’opposition de construire une proposition commune.

De même que sera déterminant pour le vœu unanime du pays d’écourter la crise, ce que dira le pouvoir qui devrait s’exprimer le jour-même par la voix du chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, en visite à l’académie de Cherchell. L’heure des choix décisifs a peut-être sonné.

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