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Dr Lyes Merabet : « 300 à 400 médecins cherchent à quitter l’Algérie chaque année »

Dr Lyes Merabet : “300 à 400 médecins cherchent à quitter l’Algérie chaque année”

La présence de plus en plus importante des médecins étrangers et notamment cubains en Algérie fait naître un sentiment d’injustice au sein des médecins algériens.

« Je le dis honnêtement et clairement, on peut se passer de la coopération étrangère dans le domaine médical, lance Dr Lyes Merabet président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP). Nous avons plus de 15 000 médecins qui ont quitté le pays, pratiquement une moyenne de 300 à 400 nouveaux médecins et notamment les spécialistes qui sont sur les listes d’attente pour quitter le pays chaque année ».

« Il y a des médecins qui n’ont pas encore terminé leurs études et qui parallèlement apprennent l’anglais et l’allemand notamment, parce que tout simplement leur objectif c’est de quitter le pays dès que la première occasion se présente », déplore-t-il.

« Des familles investissent beaucoup d’argent et font même des prêts bancaires pour assurer ce départ à leurs enfants. Chez nous les salaires sont misérables et il n’y aucune attractivité à ce niveau-là. Mais je le redis, nous n’avons pas besoin de coopération dans le domaine médical. Nous sommes assez bien équipés en termes de personnels, leur qualification et leur formation », persiste Dr Merabet qui considère qu’en termes d’expertise les médecins algériens n’ont rien à envier à leurs homologues étrangers.

« Le paradoxe qui se présente à nous ce sont ces salaires qui sont assurés avec toutes les conditions qui vont avec à des médecins qui font dans les mêmes spécialités que nous, et qui dans beaucoup de cas ne sont pas meilleurs que nos médecins ou nos spécialistes. Cependant, s’agissant de la prise en charge, et des conditions de travail et des salaires, il n’y a pas de comparaison », regrette-t-il.

« Au minimum, on est à dix fois plus le salaire d’un praticien algérien et dans la même spécialité », regrette le président du SNPSP. « Nous ne demandons pas que les salaires soient multipliés par 10 mais au moins par 3 ou 4 », suggère-t-il.

Selon Dr Merabet, sur la question des salaires il y a beaucoup d’efforts à faire. « Le président de la République a fait allusion lors de sa visite au CHU de Beni Messous, à la nécessité d’aller vers des réformes profondes dans le secteur de la santé. Il a cité notamment la problématique des salaires en promettant qu’ils allaient être revus de manière conséquente », rappelle-t-il.

S’agissant de la présence en force des médecins cubains en Algérie, Dr Merabet y voit « une raison simple, elle est d’ordre politique et purement diplomatique ».

« On ne voit pas de besoins surtout par rapport aux spécialités. La spécialité phare pour laquelle les médecins cubains sont très souvent sollicités c’est l’ophtalmologie. À ce propos, le problème qui se pose chez nous par rapport à cette spécialité est que la quasi majorité des spécialistes ophtalmologistes se trouvent dans le secteur privé. Qu’a-t-on fait pour renverser cette tendance ? Pourquoi ne pas faire dans la contractualisation avec ces médecins ? », s’interroge Dr Merabet.

Le même constat s’applique aux spécialistes en gynécologie dont 70% sont dans le privé alors que 80% des besoins sont pris en charge dans les hôpitaux publics, selon Dr Merabet.

Le décret présidentiel portant ratification de la convention relative aux modalités de mise en œuvre de la coopération dans le domaine de la santé entre l’Algérie et Cuba a été publié jeudi au Journal officiel.

La convention couvre l’intervention des médecins cubains dans cinq domaines : ophtalmologie ; santé maternelle et infantile ; oncologie ; et urologie.

La convention a fixé les montants des prestations des services médicaux assurés par les professionnels et techniciens de santé cubains. L’ophtalmologie se taille la part du lion avec plus de 31 millions d’euros répartis sur les hôpitaux d’El Oued ( 8. 321.824,70 €), de Djelfa ( 8.684.533,35 €), de Ouargla (6.589.731,95 €) et de Béchar (7.504.176,09 €). Pour la santé maternelle et infantile, le montant des prestations est fixé à 27.048.950,00 €. La prestation des services médicaux en urologie est de 1.763.673, 00 € et celle des services médicaux en oncologie est 4.315.936, 00 €.

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