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L’Algérie déplore la fin du financement américain à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Le ministre des Affaires étrangères,  Abdelkader Messahel, a déploré mardi au Caire lors de sa participation à une réunion ad hoc des ministres des Affaires étrangères sur l’Unrwa  (Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens), la décision de l’Administration américaine de stopper son aide financière à cette agence onusienne.

M. Messahel a souligné que l’appui à l’Unrwa, créée en vertu d’une  résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, “implique une responsabilité  juridique, politique et éthique, pour assurer le droit des réfugiés palestiniens à une vie digne et leur permettre de bénéficier des prestations sociales, notamment sanitaires et éducatives”, rapporte l’agence APS.

Il a, dans ce cadre, appelé à soutenir l’Unrwa, “à travers la mobilisation du soutien politique et financier”, rappelant à cet égard, que l’Algérie “vient en tête des pays soutenant le budget de l’Autorité palestinienne, en vue d’alléger les souffrances du peuple palestinien frère”.

Il a, également, affirmé que la question des réfugiés palestiniens “doit être réglée conformément aux résolutions de la légalité internationale,  notamment la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU, qui garantit  le droit de retour aux réfugiés”.

Lundi, le chef de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a lancé un appel à contribution face à une “crise financière sans précédent”, plusieurs pays arabes ayant déjà annoncé une contribution pour pallier à la fin de l’aide américaine, selon l’AFP.

“Nous avons toujours besoin d’environ 200 millions de dollars (172 millions d’euros) pour combler le déficit de cette année”, a déclaré au Caire lors d’une conférence de presse le directeur de l’Unrwa, Pierre Krähenbühl.

L’agence onusienne traverse une “crise financière sans précédent” depuis la décision fin août des États-Unis, de loin son plus grand contributeur, de ne plus verser sa part, a-t-il regretté.

Pour faire face à ce manque, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ont annoncé chacun une contribution ponctuelle de 50 millions de dollars (43 millions d’euros), selon M. Krähenbühl.

Le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a assuré au directeur de l’agence que les pays arabes “ne permettraient pas le démantèlement de l’Unrwa”, selon un communiqué de l’organisation panarabe.

La Jordanie, pays membre de la Ligue arabe, avait annoncé fin août l’organisation d’une conférence le 27 septembre à New York pour soutenir l’agence mise à mal par la fin de la contribution américaine.

Avec 350 millions de dollars (300 millions d’euros) versés en 2017, les États-Unis étaient les premiers contributeurs à l’agence onusienne. Ils ont justifié leur décision de mettre fin à cette aide par le caractère “irrémédiablement biaisés” des activités de l’agence, selon eux.

L’Unrwa est un intervenant essentiel auprès de millions de Palestiniens depuis sa mise en place il y a près de 70 ans, après le conflit ayant suivi la création d’Israël.

La décision américaine a été qualifiée de “cruelle et irresponsable”, par un responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, et saluée par Israël, qui accuse l’Unrwa de “perpétuer le conflit” israélo-palestinien.

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