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Libye : l’ONU “alarmée” par des exactions attribuées aux hommes de Haftar

La mission de l’ONU en Libye (Manul) s’est alarmée jeudi de “graves violations” des droits de l’Homme, dont des exécutions sommaires, lors de l’offensive des forces loyales à l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar contre la ville de Derna.

L’Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) dirigée par le maréchal Haftar mène depuis le mois dernier une offensive militaire pour “libérer” Derna, bastion des islamistes radicaux et seule région de l’est libyen à échapper à son contrôle.

L’ANL a assuré cette semaine progresser rapidement dans Derna, une ville de plus de 120.000 habitants, sous la coupe de milices jihadistes et islamistes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

“La Manul est alarmée par les allégations de graves violations des droits de l’Homme à Derna, y compris le pillage et la destruction de biens, la détention arbitraire et une vidéo d’exécutions sommaires”.

Cette vidéo circulant sur les réseaux sociaux, montre des hommes armés présentés comme des soldats de l’ANL, exécutant deux individus, dont un était déjà blessé.

Les deux hommes étaient immobilisés par terre aux côtés de leur voiture.

Il n’était pas possible dans l’immédiat de vérifier l’authenticité de la vidéo ou si les deux victimes étaient impliquées dans les combats.

“Les combattants qui se sont rendus, ont déposé leurs armes, ou qui ne sont pas impliqués dans le combat doivent être traités humainement”, a ajouté la Manul sur son compte Twitter.

“Les civils doivent être protégés”, a-t-elle ajouté, appelant à une “enquête approfondie et indépendante” et à juger les responsables conformément aux lois internationales humanitaires et des droits de l’Homme.

Début juin, le maréchal Haftar avait appelé ses troupes à “respecter les procédures légales relatives aux prisonniers et (de) les livrer aux organes compétents”, interdisant “toutes mesures de vengeance à leur encontre”.

Des membres de l’ANL ont été mis en cause pour des actes criminels présumés lors de précédents combats, à l’image du commandant Mahmoud Al-Werfalli, qui fait l’objet depuis août 2017 d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des accusations de “crimes de guerre” lors de la bataille de Benghazi.

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