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Nacéra Dutour : « Il ne faut pas aller tout de suite aux présidentielles »

Nacéra Dutour : « Il ne faut pas aller tout de suite aux présidentielles »

Nacéra Dutour, présidente de l’Association SOS Disparus, a participé à la Conférence nationale des dynamiques de la société civile qui s’est tenue à Alger le samedi 15 juin 2019.

Vous avez participé à la Conférence nationale des dynamiques de la société civile. Que propose votre association pour sortir de la crise politique actuelle ?

Nous avons participé parce que nous sommes des citoyens et des citoyennes à part entière, des Algériens et des Algériennes qui, comme tout le monde, avons le souci de changer le pays et de changer le système. Tous les vendredis nous participons aux marches populaires pour dire : « Système dégage ! ».

Nous sommes favorables à une véritable transition, à un changement démocratique dans le pays et à un État de droit.

Pensez-vous que la feuille de route proposée par la société civile sera acceptée par le pouvoir ?

Je suis optimiste. Je n’ai pas participé à la première marche du 22 février 2019, j’étais à l’étranger à l’époque. J’ai suivi dans les médias et j’ai passé la soirée à voir les vidéos sur Facebook. J’étais émerveillée, je ne croyais pas mes yeux et mes oreilles ! Mais, la réalité était là : les Algériens sont sortis dans la rue et aujourd’hui, ils sont déterminés à ne plus rentrer chez eux jusqu’au départ du système actuel. Je fais confiance au hirak.

Pour moi, la transition démocratique passe d’abord par une Constituante. Ce n’est pas uniquement le système qui doit dégager, mais toutes les institutions qui le composent y compris un parti comme le FLN.

Nous devons mettre en place un gouvernement de transition qui aura pour mandat de gérer les affaires d’État, comme cela est mentionné dans la feuille de route du Collectif de la société civile pour une transition démocratique dont nous faisons partie. Après la transition, nous devons mettre en place une Assemblée constituante qui doit changer la Constitution. Nous ne pouvons pas élire un président de la République avec la Constitution actuelle. Une Constitution qui donne tous les pouvoirs au chef de l’État. L’avènement d’une deuxième République est lié à l’adoption d’une nouvelle Constitution. Il n’est pas question de faire du neuf avec du vieux.

Les élections présidentielles sont-elles l’aboutissement de ce processus ?

Oui, on ne peut aller vers les élections présidentielles qu’après avoir adopté la nouvelle Constitution. Il ne faut pas aller tout de suite aux présidentielles. Pourquoi alors on est sorti dans la rue ? Cela fait plus de trois mois que nous réclamons le départ du système. Nous avons refusé les élections présidentielles qui étaient prévues le 4 juillet 2019 pour cela. On doit réaliser notre rêve, la Constituante avant les présidentielles.

Je suis pour la dissolution de tous les partis qui représentent le système comme le FLN, le RND et les autres. Ils doivent partir autant que Abdelmadjid Sidi Said, patron de l’UGTA depuis 22 ans. Il a massacré le syndicat comme les partis du pouvoir et le système dont ils sont liés ont massacré le pays. Ils nous ont rien laissé, ils ont tout pris. Maintenant « partez, laissons-nous construire ce pays pour que nos enfants vivent libres et égaux ».

 

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