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Pétrole : jusqu’où ira la hausse des prix ?

En ce moment, le prix du baril de Brent ressemble à cette Tyrolienne qui ne cesse de grimper. Alors qu’il a flirté avec la barre des 70 dollars ces derniers jours, la banque d’investissement américaine Goldman Sachs a annoncé que le baril de Brent pourrait atteindre les 75 dollars au cours de l’année 2018. « Le scénario d’un baril à 75 dollars en 2018 ne peut être exclu brièvement si la demande mondiale de pétrole continue de surprendre à la hausse, par exemple si la croissance économique continue de dépasser des attentes déjà optimistes », a indiqué la société.

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Pour Céline Antonin, analyste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), cette hausse aura inévitablement une répercussion pour les pays importateurs, comme la France. « Quand on a une hausse du prix du Baril, vous avez à la fois les ménages qui vont être touchés et les entreprises. Du point de vue des ménages, la hausse du prix du pétrole va affecter les consommateurs et engendrer une baisse du pouvoir d’achat pour acheter d’autres biens, ce qui va peser négativement sur la croissance. Et du point de vue des entreprises, cela va avoir un impact sur la hausse du prix des consommations intermédiaires », explique-t-elle. Avant d’ajouter : « Si on a une hausse de 20 % du prix du Brent, cela affectera le PIB à hauteur de 0,2 % ».

Une hausse pas faite pour durer

Mais Céline Antonin, tout comme Goldman Sachs, s’accorde à dire que le prix du baril de Brent devrait théoriquement redescendre à plus ou moins long terme. Une désinflation qui s’expliquerait en premier lieu par la stratégie de l’OPEP. Alors qu’il a prolongé son accord de réduction de production, initialement passé afin de faire remonter les prix, il n’est clairement pas dans l’intérêt du cartel de voir le prix du baril continuer de s’envoler, auquel cas la concurrence américaine pèserait comme une ombre sur le dos des pays membres. Le pétrole de schiste a cet avantage d’être très réactif, les États-Unis pouvant rapidement relancer l’activité de puits inactifs.

« Une hausse prolongée des prix ne va pas forcément dans le sens de l’OPEP puisque les Américains se remettraient à produire plus, souffle Céline Antonin. Aux alentours de 45 dollars, leur rentabilité était très faible, mais leur rentabilité étant plus forte avec de tels prix, il y aura plus de pétrole nord-américain ».

La conséquence implacable de ce mécanisme serait le renforcement de la concurrence sur le marché de l’or noir. Une projection qui n’est pas pour plaire à l’Arabie saoudite, chef de file de l’OPEP.

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