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Pétrole : surchauffe ou hausse durable en 2018 ?

Alors que le baril de Brent -référence pour le pétrole algérien- poursuit son ascension ce jeudi, et flirte avec les 70 dollars, le risque géopolitique et la forte demande mondiale feront-ils grimper davantage les cours de l’or noir en 2018 ?

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Après avoir été particulièrement attentifs aux conséquences des manifestations en Iran sur la production pétrolière iranienne, les marchés scrutent de près la décision de Donald Trump attendue vendredi 12 janvier sur la reconduction de l’accord sur le nucléaire iranien. « Si les États-Unis rétablissaient les sanctions économiques, cela pourrait entraver les exportations pétrolières de l’Iran et resserrer l’offre mondiale », observe le Wall Street Journal

Pour rappel, début 2016, la levée des sanctions contre Téhéran actait, entre autres, son retour sur le marché pétrolier. Dans un contexte d’offre excédentaire, l’augmentation de la production de pétrole iranien avait ainsi contribué à une baisse des prix. Un rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran aurait donc des conséquences sur les exportations du pétrole iranien, et sur les prix.

Cette hypothèse soutient les cours : à la mi-journée ce jeudi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 69,50 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. Si dans les prochaines heures, le président américain décide malgré tout de reconduire l’accord sur le nucléaire iranien, les mêmes interrogations et une possible surchauffe des marchés se manifesteront de nouveau aux alentours du 12 mai, date à laquelle le locataire de la Maison Blanche devra de nouveau se prononcer sur le sujet.

Les spéculations sur le contexte géopolitique et son impact sur les prix de l’or noir doivent toutefois être nuancées, préviennent certains observateurs. Malgré une baisse des stocks américains plus forte que prévu la semaine dernière (de 4,9 millions de barils pour s’établir à 419,52 millions), la production de pétrole de schiste aux États-Unis, largement rentable dans le contexte actuel, pourrait venir doucher les espoirs des plus optimistes.

L’Energy Information Administration (EIA) a annoncé, mercredi 9 janvier, que la production pétrolière américaine dépasserait les 11 millions de barils par jour d’ici fin 2019, soit plus que la production de la Russie ou celle de l’Arabie saoudite. L’ombre américaine laisse donc la plupart des analystes du secteur dubitatifs sur un baril à plus de 70 dollars. Pour rappel, selon le consensus calculé par Bloomberg, les spécialistes du marché parient sur un Brent à 58 dollars en moyenne en 2018.

Un analyste de Commerzbank cité par CNBC estime de son côté que les prix du pétrole vont probablement reculer d’au moins 15% au cours des prochaines semaines. La reprise actuelle est « certainement due à une surchauffe massive des spéculateurs et devrait se corriger au cours du mois prochain », a ainsi expliqué Eugen Weinberg.

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