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Spectre de l’abstention aux locales : ce qu’en pensent les partis politiques

NEWPRESS

Les Algériens élisent ce jeudi 23 novembre les nouveaux membres des assemblées locales (APC et APW)  pour les cinq prochaines années. Ils sont près de vingt-trois millions de personnes à être inscrits aux listes électorales. Seront-ils nombreux à se déplacer aux urnes ? Lors des dernières élections législatives du 4 mai, seulement 38,25% des électeurs ont participé au scrutin. Aujourd’hui encore, l’abstention demeure l’un des enjeux de la bataille électorale.

« L’abstention constitue le plus grand défi dans toutes les élections. Pas seulement pour les partis politiques mais aussi pour la société et l’État », estime Mohamed Douibi, secrétaire général d’Ennahda. « En Algérie, le taux d’abstention enregistré lors des élections est malheureusement important. Ce phénomène nous pénalise évidemment en tant que parti politique », avance Nasser Hamdadouche, chef du groupe du MSP à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Son parti était même confronté à une nouvelle forme d’abstention lors de la préparation des élections. « Lors de la préparation de nos listes électorales, nous étions confrontés à l’abstention des candidats. Nous avons eu des difficultés à trouver des cadres crédibles et honnêtes pour les présenter comme candidats. Nous avons constaté un certain dégoût et un certain désespoir chez ces personnes. Elles voient bien que le climat n’est pas sain dans le pays », admet notre interlocuteur.

Pour l’opposition, cette abstention n’est que le résultat des politiques menées par le pouvoir au cours de ces dernières années. « L’abstention est effectivement devenue un souci majeur lors des élections et une hantise pour toute la classe politique », soutient Seddik Chiheb, porte-parole du RND. Mais pour ce dernier, il est impossible de l’attribuer aux partis au pouvoir.

« L’ensemble des partis politiques, y compris ceux de l’opposition, et je m’en félicite, participent à ces élections locales. Donc en principe, le taux de participation sera plus élevé », déduit-il. Fin octobre, Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND et également Premier ministre, a clairement précisé : « Quoi qu’il en soit, si échec il y aura, ça sera celui des partis politiques ».

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Neutralité de l’administration

Mais au-delà de l’abstention, la première préoccupation pour les partis de l’opposition demeure la fraude et la neutralité de l’administration. « Lors de chaque élection, on se demande s’il y aura ou pas d’achat des voix et le bourrage des urnes pour faire augmenter artificiellement le taux de participation », admet Ramdane Tazibt, député du PT. Pour ce parti, l’abstention « traduit une forme de défiance de la population par rapport au gouvernement aux partis politiques ».

« Nous pensons qu’il est nécessaire de réhabiliter l’acte de vote à travers le respect du choix fait par la population et la transparence des élections et pas autrement », souligne le député. « Nous ne faisons jamais de pression sur les citoyens (pour aller voter). D’ailleurs, quand il y a un matraquage, c’est plutôt le contraire qui se produit », ajoute-t-il.

Lors des dernières législatives, une grande campagne de sensibilisation a été lancée avant le scrutin à l’issue duquel le taux d’abstention a battu un nouveau record.

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