Pourquoi nos responsables ne protestent jamais contre les restrictions sur les visas aux Algériens

Le :

Au moins 36 pays sont liés à l’Algérie par des accords bilatéraux instaurant le régime des passeports diplomatiques et l’exemption des détenteurs algériens de ces documents de visas pour entrer sur les territoires de ces pays, selon un décompte effectué par Visas & Voyages Algérie.

 

Ces accords concernent tous les pays de l’espace Schengen à l’exception de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg. Des accords bilatéraux ont également été signés avec d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Le Brésil (accord signé en mai 2015), le Mexique (septembre 2005), le Nigeria (février 2006), la Colombie (octobre 2013), le Pérou (mars 2004), la Corée du Sud (janvier 2005), la Chine (juillet 2018) sont eux aussi accessibles sans visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques algériens.

 

Ces accords profitent aux hauts responsables algériens, ministres, conseillers, diplomates, parlementaires, hauts fonctionnaires des ministères et de la Présidence, et à leurs proches. Leur nombre a beaucoup augmenté ces dernières années. Depuis 2004, au moins 17 accords bilatéraux exemptant les passeports diplomatiques algériens de visas ont été signés, dont les plus récents sont ceux signés avec la Chine en juillet 2018 et la Russie en février 2019.

 

Sur la même période, les restrictions sur les visas touchant le commun des Algériens se sont accrues et il est devenu pour la plupart des citoyens très difficile d’obtenir un visa Schengen ou même un visa pour certains pays d’Afrique et d’Asie. Le sésame nécessaire pour entrer sur le territoire français est, par exemple, délivré au compte-gouttes depuis l’année dernière, un fait avéré, malgré les négations du Consulat français à Alger qui jure à qui veut bien le croire qu’il n’y a aucune restriction sur l’octroi de visas aux Algériens.

 

La multiplication des accords bilatéraux profitant aux détenteurs de passeports diplomatiques explique, sans doute, le manque de protestation des autorités algériennes contre les restrictions sur les visas imposées par les autres pays, notamment les européens, aux Algériens. Les hauts-responsables à qui il revient de protester et, le cas échéant, de négocier avec les États de meilleures conditions d’octroi de visas à leurs concitoyens sont ceux qui profitent justement de ces visas diplomatiques et qui ne se sentent probablement pas concernés par le traitement subi par les Algériens lors de leurs démarches de demande de visas auprès des consulats étrangers.

 

Le comble est que, non seulement, les autorités algériennes ne protestent pas, mais sont aussi en partie responsables de ces restrictions. Ces dernières sont souvent instaurées comme mesures de rétorsion, au nom du principe de réciprocité, contre l’Algérie qui, depuis quelques années, a fermé ses frontières aux journalistes, investisseurs, consultants et travailleurs étrangers. Même les touristes étrangers rencontrent toutes les difficultés du monde à obtenir un visa pour l’Algérie dont les pouvoirs publics, affichent une volonté, réelle ou non, de « développer le tourisme et d’attirer les touristes étrangers ».

 

 

Par Hassane Saadoun.

Partager sur :
Quoi de neuf ?
Dix bonnes raisons de visiter Alger
Il y a plein d’endroits sympas à visiter dans la capitale. Des endroits à recommander à un touriste qui découvre Alger pour la première fois. Voici une ‘shortlist’ des lieux incontournables…   1- Le Musée du Bardo   Le...