Politique

112e mardi : les étudiants marchent malgré le jeûne

Ce mardi 13 avril, premier jour du mois de Ramadan, les étudiants ont été au rendez-vous pour leur journée de mobilisation hebdomadaire. Des marches sont signalées au moins dans trois villes, Alger, Tizi-Ouzou et Bejaïa.

Malgré le jeûne, ils étaient nombreux à marcher dans les rues de la capitale, rappelant la première année du Hirak où les manifestations s’étaient poursuivies pendant tout le mois de Ramadan et même sous les chaleurs de l’été. La marche de ce mardi a été placée sous le signe de la solidarité avec les étudiants incarcérés, au nombre de 7, et tous les détenus d’opinion.

Vers 11h, les premiers manifestants arrivent au lieu habituel du départ de la manifestation estudiantine, à la place des Martyrs. Des dizaines d’étudiants et de citoyens venus leur prêter main forte sont sur place.

La marche démarre vers midi et la procession emprunte l’itinéraire habituel. Tout se passe bien au niveau de la rue Bab Azzoun et au square Port-Saïd, jusqu’à la rue Ali Boumendjel, où un cordon de policiers tente d’empêcher les étudiants d’avancer vers la rue Ben M’hidi et la place Émir Abdelkader.

Les manifestants scandent alors des slogans hostiles au pouvoir et dénoncent la répression. Aucun incident n’est toutefois signalé sur place. La marche s’est poursuivi dans le calme jusqu’à la destination finale, la Fac centrale et la Grande poste au centre d’Alger où on signale l’arrestation d’un étudiant.

« Libérez les détenus, ils n’ont pas vendu de la cocaïne »

Au fil des rues, des dizaines de citoyens rejoignent les manifestants. Ces derniers ont réitéré leur soutien aux détenus d’opinion, particulièrement aux étudiants, qui sept à être emprisonnés dans différentes wilayas pour leurs activités en lien avec le Hirak.

« Touche pas à nos étudiants », « non à la nouvelle dictature, Algérie libre et démocratique » lit-on sur les pancartes brandies.

Les autres détenus du Hirak ne sont pas oubliés, notamment les cinq activistes arrêtés à Alger en lien avec l’affaire du mineur S. Ch, 15 ans.

Au cours de la marche, beaucoup de portraits de Mohamed Tadjadit, Malik Riahi et leurs compagnons étaient visibles. Sur les pancartes, beaucoup de slogans appellent à la libération de tous les détenus, étudiants ou pas : « libérez nos enfants pour qu’ils puissent jeûner avec nous », « libérez les détenus, ils n’ont pas vendu de la cocaïne » ou encore « libérez les otages immédiatement ».

En plus des slogans habituels et des revendications principales du Hirak. Le rejet des élections législatives du 12 juin a été réitéré, ainsi que l’impératif de construire « un État civil et non militaire ».

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