Politique

20 avril et Hirak : marches à Alger et en Kabylie

Des marches ont eu lieu ce mardi 20 avril dans plusieurs villes de Kabylie, qui ont célébré le double anniversaire du Printemps noir et du Printemps berbère, et à Alger où les étudiants ont manifesté dans le cadre de leur Hirak hebdomadaire.

A Alger, malgré la contrainte du jeûne, les manifestants étaient au moins aussi nombreux que lors de la marche de la semaine passée.

Sous un soleil printanier, des dizaines d’étudiants et de citoyens se sont rassemblés dès 11 h à la place des Martyrs d’Alger, endroit habituel du départ de la marche.

Avant midi, la procession s’ébranle vers la rue Bab Azoune pour arpenter l’ancien itinéraire menant vers le centre d’Alger en passant par les rues Ali Boumendjel et Larbi Ben M’hidi. De nombreux citoyens se joignent à la marche.

La coïncidence avec le 20 avril a fait que le drapeau berbère soit présent en force pendant la manifestation, aux côtés de l’emblème national. Des slogans pour la circonstance ont été aussi scandés, comme « Mazalagh dimazighen, nous sommes toujours des Amazighs ».

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Le reste des slogans entendus et des pancartes brandies ne diffèrent pas de ceux des semaines précédentes, avec une insistance particulière sur la libération des détenus d’opinion, anciens et nouveaux.

« Libérez les détenus », « Libérez nos enfants pour qu’ils jeûnent avec nous », « Libérez nos enfants, ils n’ont pas vendu de la cocaïne », a scandé la foule, arborant les portrait de certains détenus, dont Mohamed Tadjadit ou encore l’étudiant Miloud Benouane, détenu à Biskra.

Beaucoup de slogans politiques ont été également scandés, rejetant les législatives du 12 juin prochain, dénonçant le déficit de légitimité des institutions et réclamant « un Etat civil et non militaire », « une justice indépendante », « une presse libre »…

A noter que la manifestation s’est déroulée dans le calme, sans incidents et sans intervention du dispositif policier, déployé en force.

« Ulaç smah ulaç » : la Kabylie n’oublie pas

En Kabylie, les étudiants, qui marchaient chaque semaine dans le cadre du Hirak estudiantin, l’ont fait ce mardi avec le reste de la population pour célébrer le 41e anniversaire du Printemps berbère (20 avril 1980) et le 20e anniversaire du Printemps noir (18 avril 2001).

A Tizi-Ouzou, des escarmouches ont été signalées avant le début de la marche entre quelques manifestants et les forces de l’ordre. Une dizaine d’interpellations ont été opérées devant le portail du campus Hasnaoua de l’université Mouloud-Mammeri, baptisée du nom de celui qui fut à l’origine des événements du Printemps berbère en 1980.

C’est en effet l’interdiction par le wali de Tizi-Ouzou d’une conférence que devait donner le célèbre écrivain dans l’enceinte universitaire qui a mis le feu aux poudres.

Pour revenir aux arrestations, parmi les personnes interpellées figure l’ancien détenu d’opinion Walid Nekkiche, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Au milieu de l’après-midi, ils étaient toujours retenues.

La marche s’est ensuite déroulée dans le calme, en présence de beaucoup de femmes et d’anciens militants du mouvement culturel berbère, ainsi que d’acteurs et victimes du Printemps noir de 2001.

Des marches similaires ont été organisées à Bejaia, Bouira et dans plusieurs localités de la région, avec comme slogan principal « Ulaç smah ulaç », comme pour rappeler que ceux qui, en 2001, ont tué ou causé la mort de 126 jeunes, jouissent toujours de l’impunité.

Les activités phares de cette double commémoration ont eu lieu cette année à Beni Douala, localité d’où est parti le mouvement de 2001 après l’assassinat du jeune Guermah Massinissa dans la brigade locale de gendarmerie nationale.

Deux stèles, une de Matoub Lounès et une d’Imache Amar, pionnier de la revendication identitaire au sein du mouvement national dans les années 1940, ont été inaugurées à l’occasion. Les deux personnalités sont originaires de la localité.

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