
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a effectué ce lundi 23 mai un changement à la tête de la Banque d’Algérie.
Salah-Eddine Taleb est nommé gouverneur à la place de Rostom Fadli, en poste depuis moins de deux ans. Ce dernier est connu pour être un spécialiste de la gestion des réserves de changes.
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Le nouveau gouverneur n’est pas un inconnu à la banque centrale et au secteur monétaire. Son dernier poste en date a été celui de secrétaire général du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC), l’autorité monétaire qui édite notamment les règlements de la Banque d’Algérie.
Les raisons de ce changement n’ont pas été précisées dans le communiqué de la présidence de la République. Il intervient alors que le chef de l’Etat semble vouloir donner un coup d’accélérateur à son projet de réformes tous azimuts des textes régissant la sphère économique.
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La semaine passée, le projet de loi sur les investissements a été adopté en conseil des ministres après plusieurs renvois pour enrichissement.
L’autre réforme réclamée et très attendue, est celle du système bancaire, à travers notamment la révision de la loi sur la monnaie et le crédit, datant de plus de 30 ans.
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L’élaboration d’un nouveau texte est l’une des missions assignées à Rostom Fadli lors de sa confirmation en septembre 2020, en remplacement d’Aïmene Benabderrahmane, promu ministre des Finances puis Premier ministre.
Un matheux à la tête de la Banque d’Algérie
Près de deux ans après, la nouvelle loi n’a toujours pas vu le jour. Un vice-gouverneur de la BA a fait savoir en mars dernier qu’elle était en cours d’élaboration, mais il est difficile de lier le départ de Rostom Fadli à l’état d’avancement de cette réforme.
Comme il se pourrait donc que ce changement réponde au souci de faire plus vite dans le processus de réformes. Pour remplacer Rostom Fadli qui a cumulé trois ans de carrière au sein de la Banque d’Algérie, le président Tebboune a en tout cas opté pour quelqu’un de la boîte et du secteur financier, mais qui a un profil différent de son prédécesseur.
Le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC), dont il a été le secrétaire général pendant 8 ans, est l’organe central de la régulation et de l’élaboration de la politique monétaire du pays.
C’est lui qui délivre les agréments aux banques commerciales, qui promulgue les règlements élaborés par la Banque d’Algérie et trace la politique monétaire. Il est présidé par le gouverneur de la Banque d’Algérie et est composé de trois vice-présidents issus de la BA et de trois membres extérieurs.
Plus que le CMC, Salah-Eddine Taleb connait aussi le fonctionnement des banques commerciales par son passage de plus de 11 ans au Crédit populaire d’Algérie (CPA) et les rouages de la banque centrale pour avoir été le conseiller de Laksaci, gouverneur entre 2001 et 2016, et directeur de la division Audit.
Il cumule plus de 14 ans au sein de la Banque d’Algérie (depuis mars 2008), dont plus de 8 ans comme secrétaire général du CMC (depuis 2014).
Côté formation, le nouveau gouverneur est un produit de l’école algérienne qui s’est affiné dans les grandes universités américaines. Diplômé en mathématiques et recherche opérationnelle de l’université de Bab Ezzouar (Alger) en 1981 (DES), il est aussi titulaire d’un diplôme obtenu en 1983 de la Case western reserve university (Ohio, USA), d’un master en recherche opérationnelle de l’université d’Oregon en 1984 et d’un PHD 3e degré en statistiques à la même université en 1987.
S’il a de l’expérience dans le domaine bancaire, ce matheux n’a pas fait de formation dans le domaine bancaire ou de la macro-économie.