
Les divergences internes au sein du gouvernement français par rapport à la crise avec l’Algérie s’étalent de nouveau au grand jour. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et celui des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se sont adonnés à une nouvelle passe d’armes publique sur le dossier Algérie.
Lundi 14 juillet, l’ambassade de France à Alger a célébré la fête nationale française. La présence du secrétaire d’État chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, est perçue comme un signe de volonté de rapprochement de part et d’autre. Le discours lu au nom de l’ambassadeur Stéphane Romatet par le chargé d’affaires Gilles Bourbao est aussi très positif. « Partageons ce qui nous rassemble tous ici ce soir à la villa des Oliviers : cette conviction qu’il y a un autre chemin que la discorde, cette certitude qu’une autre voie que l’antagonisme est non seulement possible mais indispensable”, a plaidé le diplomate.
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Il a également exprimé une volonté “intacte” de surmonter les difficultés et le souci de “retrouver la voie de l’apaisement”. “Nous savons que c’est une voie exigeante mais soyez assurés, chers amis, que nous sommes déterminés. Parce que nos liens humains, si denses et si proches, l’imposent. Parce que les désordres du monde commandent que nous travaillions de nouveau de concert pour mieux faire face aux défis du présent », a-t-il déclaré.
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Crise Algérie – France : Bruno Retailleau recadré à nouveau par Jean-Noël Barrot
Mais comme c’est désormais une constante dans la crise Algérie-France, ce discours d’apaisement est suivi de propos bellicistes du ministre de l’Intérieur. “Il faut changer de ton, assumer un rapport de force que le pouvoir algérien a lui-même choisi”, a plaidé Bruno Retailleau dans Le Figaro.
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“La diplomatie des bons sentiments a échoué. Je le dirai au président de la République, que je dois voir la semaine prochaine”, a annoncé le ministre de l’Intérieur qui a expliqué que s’il s’est “tu” pendant de longues semaines, c’est seulement “pour n’obérer aucune chance de libération de Boualem Sansal”.
Des propos qui lui ont valu un nouveau recadrage public du ministre des Affaires étrangères. “Il n’y a ni diplomatie des bons sentiments, ni diplomatie du ressentiment. Il y a juste la diplomatie”, a écrit Jean-Noël Barrot vendredi sur X. En janvier dernier, Barrot avait dénoncé les immixtions de Retailleau dans la crise avec l’Algérie en déclarant que “c’est au Quai d’Orsay, sous l’autorité du président de la République, que se forge la politique étrangère de la France”.