
La crise Algérie-France va bientôt boucler une année sans perspective de dénouement proche, au moment où une partie de la classe politique française fait au contraire tout pour l’aggraver.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau n’abandonne pas son idée de “rapport de force” à l’égard d’Alger et veut convaincre le président Emmanuel Macron du bien-fondé de sa démarche.
A lire aussi : Algérie : onze nouvelles wilayas créées, voici la liste
Les deux hommes ont rendez-vous ce jeudi 24 juillet. Des proches du ministre de l’Intérieur et président des Républicains ont révélé ce que Retailleau compte dire au chef de l’État. Sans surprise, il proposera de décréter les mesures pour lesquelles il plaide depuis plusieurs mois.
Après quelques semaines de silence sur la crise avec l’Algérie, Retailleau est revenu au-devant de la scène. Il a repris ses attaques contre l’Algérie et ses critiques contre le gouvernement auquel il appartient.
A lire aussi : ALERTE. Passeports diplomatiques : l’Algérie répond à la France
“Il faut changer de ton, assumer un rapport de force… la diplomatie des bons sentiments a échoué”, a-t-il déclaré vendredi 18 juillet dans Le Figaro. Il a aussi annoncé qu’il instruira les préfets de ne pas reconnaître les passeports délivrés à des “clandestins” par les consulats d’Algérie, ajoutant qu’il le dira au président de la République au cours de leur rencontre.
“Bras de force” avec l’Algérie : Bruno Retailleau veut convaincre Macron
Son entourage en dit plus sur la teneur de cette rencontre qui s’annonce décisive pour la suite. Selon Europe1, un de ses proches a indiqué que le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau arrivera à l’Élysée “avec des propositions”. Celles qu’il prône depuis plusieurs mois, soit des restrictions sur les visas, le gel des avoirs ou encore des mesures contre les compagnies aériennes.
A lire aussi : Réouverture des frontières : Tebboune se prononcera dimanche
Toujours selon son entourage, Bruno Retailleau souhaiterait que le gouvernement revienne à la position adoptée par le Premier ministre François Bayrou en février dernier, lorsqu’il a menacé de remettre en cause l’accord de 1968 sur l’immigration si l’Algérie ne reprenait pas ses ressortissants expulsables.
Le ministre de l’Intérieur compte justement faire valoir « l’unanimité au sein du socle commun » (partis qui soutiennent Macron) sur la suppression de cet accord, étant donné que « c’est le seul sujet sur lequel tout le monde est d’accord », soutient l’entourage de Bruno Retailleau.
Bruno Retailleau maintient la pression sur Macron
Les observateurs estiment qu’au moins une crise risque de s’aggraver à l’issue de la rencontre de ce jeudi : celle entre l’Algérie et la France si Macon décide de suivre son ministre de l’Intérieur, où celle déjà latente entre les deux hommes si le président maintient la ligne de prudence avec Alger qu’il a adoptée jusque-là.
Mais avant même de voir Macron, Bruno Retailleau est passé à l’action. Après avoir décidé de ne pas reconnaître les passeports délivrés par les Consulats d’Algérie aux clandestins algériens en France, il a décidé de prendre des visant contre une quarantaine de hauts responsables algériens en supprimant les facilités pour se rendre en France, selon Paris Match.