
Le salaire national minimum garanti (SNMG) en Algérie passera officiellement en janvier prochain de 20.000 à 24.000 dinars, soit une hausse de 20 %. La décision a été prise par le président de la République Abdelmadjid Tebboune et annoncée à l’issue du Conseil des ministres tenu dimanche 30 novembre.
La mesure est synonyme évidemment de l’augmentation des rémunérations des travailleurs payés au SNM, soit les plus bas salaires légaux du pays. Cette hausse entraînera aussi systématiquement celle de certains très hauts revenus, ceux justement indexés sur le SMIG, dans la même proportion.
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Le salaire minimum national garanti est le seuil en-deçà duquel un employeur, public ou privé, ne peut pas rémunérer un travailleur légalement engagé pour effectuer la durée légale du travail fixée par la réglementation.
“Le salaire national minimum garanti correspondant à une durée légale hebdomadaire de travail de quarante (40) heures, équivalent à 173,33 heures par mois, est fixé à vingt mille dinars (20.000 DA) par mois, soit un taux horaire de 115,38 dinars”, stipule le décret présidentiel n°21-137 du 7 avril 2021 fixant le salaire national minimum garanti.
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Attention, le SNMG est un salaire brut
L’augmentation du SNMG signifie que tous ceux qui perçoivent jusque-là moins de 24 000 dinars par mois verront leur salaire atteindre au moins ce seuil à partir de janvier 2026. À noter toutefois qu’il s’agit d’un salaire brut duquel seront déduites les charges de sécurité sociale, l’IRG (impôt sur le revenu global) n’étant plus appliqué sur les salaires de moins de 30 000 dinars.
Les plus concernés en premier lieu sont, comme l’explique l’économiste Brahim Guendouzi, professeur à l’université de Tizi-Ouzou, les travailleurs précaires et les jeunes entrant sur le marché du travail payés au minimum légal.
Hausse de 20 % des salaires des hauts fonctionnaires
L’augmentation va toucher aussi tous les fonctionnaires dont le salaire est indexé sur le SMIG ainsi que les retraités puisque la plupart des pensions sont calculées sur la base du SMIG, selon le même économiste.
Les pensions des moudjahidine sont notamment indexées sur le salaire minimum national. Exemple : une pension brute de 50 000 dinars passera systématiquement à 60 000 dinars, si elle est calculée sur la base de 2,5 fois le SNMG.
L’autre catégorie, c’est celle de certains hauts cadres dirigeants et hauts fonctionnaires, percevant aussi des rémunérations indexées sur le SNMG. La hausse pour ces catégories sera substantielle au vu du volume des salaires appliqués. Sollicité par TSA, un spécialiste a fait une simulation pour un cadre supérieur payé à 200.000 dinars mensuels.
Suivant le montant actuel du SNMG, soit 20.000 dinars, une rémunération fixée à 15 fois le salaire minimum revient en brut à 300.000 dinars (20.000 x 15). Après déduction des charges de la sécurité sociale et de l’IRG, le salaire net est de 200.000 dinars.
Pour un tel cadre, l’augmentation à partir de janvier 2026 sera de l’ordre de 20 %. Son salaire sera calculé sur la base de 15×24 000, soit 360.000 dinars de brut et 240.000 dinars net.
AADL : le plafond des revenus passe à 144. 000 DA
À noter aussi cet autre impact, non pas sur les salaires et pensions, mais sur l’accès à certains programmes sociaux de l’État, comme le logement. À titre d’exemple, les ménages qui perçoivent un revenu supérieur à six fois le SNMG sont exclus de la formule de location-vente AADL, soit ceux dont le revenu dépasse 120.000 dinars (6×20.000).
Avec le passage du salaire minimum à 24.000 dinars, le plafond pour pouvoir souscrire à un logement AADL devrait en principe être porté systématiquement à 144.000 dinars de revenu mensuel.