
Face à la congestion de ses ports, l’Algérie a décidé de prendre des mesures d’urgence. Le gouvernement a réactivé le déroutement des navires vers des enceintes portuaires moins encombrées et les grands ports commerciaux ont lancé des appels pressants aux importateurs pour récupérer leurs conteneurs.
Ces boîtes encombrent les ports du pays, et forcent les navires à attendre en rade, ce qui oblige les importateurs à payer des surestaries en devises, et alourdit ainsi la facture des importations.
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Pour y faire face, le ministère de l’Intérieur et des Transports a demandé au groupe Serport de réactiver le déroutement des navires vers des ports moins encombrés, comme TSA l’a rapporté en exclusivité samedi 10 janvier.
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Dans le même temps, les entreprises portuaires d’Alger, Annaba et de Béjaia notamment ont appelé l’ensemble de leurs clients et partenaires économiques, notamment les transitaires, les courtiers en douane, les importateurs et les exportateurs, de la nécessité de prendre contact avec les services portuaires spécialisés afin de régulariser leur situation administrative.
Les entreprises portuaires exhortent leurs clients à s’adresser aux services concernés dans le but d’entamer « les procédures de réception de leurs conteneurs importés », est-il précisé dans des notes publiée sur les réseaux sociaux.
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Il est également demandé à tous les partenaires de « déposer et libérer les conteneurs destinés à l’exportation (pleins ou vides) ». Dans ce contexte, et afin de faciliter le trafic, les entreprises de Bejaia et d’Annaba par exemple rappellent au public que tous leurs services opérationnels sont mobilisés pour assurer un service continu 24h/24 et 7j/7.
L’annonce publiée par ces deux enceintes qui est certainement rendue public par d’autres entreprises portuaires vient en exécution de la note officielle datée du 6 janvier, émanant de la Direction générale de la Marine marchande et des ports, relevant du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports qui a ordonné la réactivation immédiate de la procédure de déroutement des navires vers d’autres ports en cas de situation de congestion.
Déroutement des navires vers d’autres ports
Une décision prise à la suite de l’engorgement permanent que connaissent ces derniers temps les ports nationaux causant des lenteurs dans les délais d’attente des navires qui restent longtemps en rade, ce qui génère des surestaries payées en devises.
En effet, « certains opérateurs économiques ont connu des retards dans l’enlèvement de leurs conteneurs, provoquant une congestion ayant impacté le déroulement de l’activité portuaire», a reconnu le ministère de tutelle dans un communiqué.
Cette instruction, adressée au PDG de l’entreprise publique Serport, qui gère toutes les infrastructures portuaires, vient, en fait, mettre en œuvre les orientations du Conseil des ministres du 2 juin 2024, qui a fixé l’objectif de limiter l’attente en rade à 24 heures.
La grève enclenchée le 1er janvier par les transporteurs, et qui a pris fin dimanche 11 janvier, a, à coup sûr, impacté les infrastructures portuaires.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a même chargé, le 21 décembre dernier, le secrétaire général d’activer les cellules d’inspection et de suivi au niveau de l’ensemble des ports, à l’effet d’assurer un contrôle rigoureux de toutes les opérations et une intervention rapide pour remédier à tout dysfonctionnement.
Des délais d’attente des navires plus longs
«Vu la situation alarmante enregistrée actuellement au niveau des ports nationaux, il est impératif de réactiver la procédure de déroutement», a précisé la missive faisant référence aux «instructions émises lors du Conseil des ministres en date du 2 juin 2024, portant mise en place d’un mécanisme de coordination, en matière de gestion de la pression issue des délais d’attente des navires en rade au niveau des ports, de manière à les réduire à une durée maximale de 24 heures».
En juin 2024, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait instruit le gouvernement lors d’un Conseil des ministres à élaborer, faut-il le rappeler, « une approche exhaustive pour une nouvelle stratégie de gestion portuaire ».
En février 2025, il avait enjoint le ministre des Transports de réorganiser le fonctionnement des principaux ports (Djen Djen, Alger, Béjaïa, Annaba, Oran, Mostaganem) en adoptant un système de travail continu 24h/24 et 7j/7 avant fin du mois.
La note du 6 janvier dernier du ministère de l’intérieur, rappelle également la «correspondance du 20 novembre 2024, relative à la mise en place d’une procédure de déroutement des navires, en cas de situation de congestion d’un port».
Cette mesure devrait être exécutée, est-il signifié dans cette instruction, en prenant en compte la nature des marchandises transportées (sensibles et dangereuses) par les navires déroutés ainsi que les conditions de prise en charge par les ports vers lesquels les navires ont été orientés.