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Mohammed VI : nouvelles révélations sur le roi du Maroc

« Dans Mohammed VI, le mystère », le journaliste français Thierry Oberlé dévoile de nouvelles facettes de la vie du roi du Maroc entre fortune, chantage…

Mohammed VI : nouvelles révélations sur le roi du Maroc
Fortune, drogue, chantage : le mystère Mohammed VI démasqué. | Source : Facebook
Célia Achour
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« Mohammed VI, le mystère », le journaliste français Thierry Oberlé dévoile dans ce livre sorti dans les librairies en France mercredi 14 janvier de nouvelles facettes peu connues du roi du Maroc.

Spécialiste du Maghreb et du Proche-Orient, cet ancien grand reporter au Figaro perce quelques mystères qui entourent le souverain marocain de 62 ans.

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Des surnoms lui sont donnés par l’auteur du livre, « roi des pauvres » ou encore « Sa Majetski », un oxymore qui démontre le paradoxe du règne de Mohammed VI, plus souvent à l’étranger que dans son royaume. Des absences qui seraient dues à son état de santé. 

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Un nouvel ami apparu peu après le divorce du roi, des chantages envers les pays trop proches d’Alger, de la corruption pour la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidentale. Un train de vie luxueux financé en partie par l’argent du trafic de drogue. Une multitude de zones d’ombre éclairées par les investigations de l’auteur.

Loin des yeux, près du cœur ?

Le roi du Maroc mène son règne depuis l’étranger. Il se déplace en ne prévenant que très peu de personnes de son cercle, qui le rejoignent avec de faux passeports.

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Pour exemple, le 8 septembre 2023, pendant qu’un séisme frappe violemment le royaume, tuant de nombreuses personnes, Mohammed VI  est dans son hôtel particulier à Paris. Ce n’est que le lendemain après-midi qu’il se rend à Rabat pour y tenir une réunion.

« En 2022, Mohammed VI a passé quatre mois pratiquement ininterrompus en France, de juin à début octobre », écrit Thierry Oberlé dans son livre intitulé « Mohammed VI, le mystère ».

Depuis 2023, c’est dans son hôtel particulier situé près de la tour Eiffel, acquis pour la somme de 80 millions d’euros, qu’il passe la plupart de son temps.

En 2017 et 2018, il passe « plus de la moitié de son temps loin de son pays.”  Pour l’année 2018, il est absent presque l’année complète du Maroc.  “ Adepte avant l’heure du télétravail, le roi gouverne par téléphone. » 

À ceux qui se posent la question de ses absences, comme le journaliste marocain Ali Anouzla en 2013, qui a posé la question sur son blog : « Mohamed VI, qui accumule autant de titres royaux, a-t-il le droit de s’absenter si souvent et pendant si longtemps sans même annoncer la date et la durée de son voyage ? »

Un questionnement qui a valu un séjour en prison au journaliste marocain ainsi que la fermeture de son journal.

Des absences dues à ses hospitalisations mais pas que

C’est un secret pour personne que l’état de santé du Roi se dégrade. Selon l’auteur “son surpoids pourrait être lié à des traitements médicamenteux.”

Opérer de l’œil gauche en 2017, puis en 2018 et 2020 pour trouble du rythme cardiaque et “une ablation de flutter auriculaire sur cœur sain”, atteint du Coronavirus en 2022 : ce sont là les maladies officielles de Mohamed VI. Officieusement c’est plus compliqué que cela, “le Roi souffrirait d’une maladie chronique”. Une cause qui expliquerait pourquoi il est absent des radars médiatiques. 

Le 10 janvier, le palais royal a rompu le silence et a dévoilé la maladie dont souffre Mohammed VI. Il s’agit d’une « lombosciatalgie mécanique, associée à une contracture musculaire, sans aucun signe de gravité ».

La richesse du « roi des pauvres »                    

Le roi Mohammed VI était classé par le magazine Forbes il y a une dizaine d’années « au cinquième rang des grandes fortunes d’Afrique et en tête de liste des rois les plus riches du continent », « plus riche que l’émir du Qatar, sans pétrole, ni gaz, mais grâce à des montages financiers ».

Sa richesse était estimée à 2,5 milliards de dollars en 2014 et à 5,7 milliards de dollars en 2015, « grâce à de nouvelles informations sur la valeur des actifs de la SNI, la holding royale ».

Selon l’auteur, « la fortune de Mohammed VI pourrait aujourd’hui dépasser les 10 milliards de dollars ».

L’argent vient des sociétés, dont il est actionnaire, et qui exercent dans divers domaines, notamment la finance, le BTP, les assurances, les télécoms et bien d’autres… 

Peut-être inspiré par le succès de la pâte à tartiner algérienne El Mordjene, Al Mada, la holding du royaume chérifien, s’offre Nutkao, une entreprise italienne de pâte à tartiner pour 450 millions d’euros. 

Le lien entre la drogue et le royaume n’est un secret pour personne. L’enquête menée en 1995 par l’Observatoire géopolitique de la drogue (OGD, un organisme français) montre le lien avec le trafic de drogue et les autorités marocaines. « Son travail constitue encore à ce jour la seule étude jamais réalisée sur la participation des autorités chérifiennes aux trafics », pointe Thierry Oberlé dans son livre.

En 2017, c’est un rapport du Département américain qui affirme que la production de cannabis au Maroc équivaut à 23 % de son PIB.

Selon l’auteur du livre, « 80 % du haschich consommé en France a pour origine le nord du Maroc. Le business impliquerait 240 000 personnes et afficherait plus d’1 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. »

Pendant ce temps, sur près de 36 millions de Marocains vivant au Maroc, « cinq millions vivent avec moins d’un dollar par jour ». Plus d’un Marocain sur deux est analphabète. Les systèmes de santé et d’éducation font peine à voir. Un ras-le-bol qui a donné lieu à des manifestations en septembre 2025 par la « génération Z (Gen Z), les moins de 30 ans ».

Ce que souhaite la Gen Z 212, c’est notamment « une refonte du système de santé avec l’accès aux soins, l’égalité des chances » et que cesse la corruption. Cette corruption qui se pratique même en dehors du Maroc avec l’affaire Marocgate, qui vise les sphères de l’Union européenne.

 

Le Marocgate 

 

Le Marocgate éclate en 2022, une affaire de corruption d’eurodéputés. Les principaux impliqués sont Abderrahim Atmoun, coprésident de la commission parlementaire mixte Maroc-UE et ambassadeur du Maroc en Pologne, ainsi que Pier Antonio Panzeri, europarlementaire.

« Le Maroc aurait cherché à s’attirer leur bonne grâce dans les dossiers du Sahara occidental et du droit de la pêche par des dons d’argent, des cadeaux et des voyages offerts. »

C’est grâce à une enquête menée par l’Union européenne, durant laquelle 669.950 euros ont été retrouvés en liquide et des échanges mis au jour entre plusieurs personnes, que l’implication du Maroc a été confirmée.

Ce qui ressort, c’est que le Maroc et le Qatar ont financé à hauteur de millions d’euros des parlementaires et assistants parlementaires européens dans le but « d’influencer les décisions des institutions de l’Union européenne en faveur du Maroc et du Qatar ».

La reconnaissance du Sahara occidental au prix de la normalisation avec Israël

Le royaume chérifien ne s’arrête pas là. La marocanité du Sahara occidental, reconnue par le président américain Donald Trump en 2020, survient après que Mohammed VI a signé les accords d’Abraham. À la suite de cette signature, le royaume a normalisé ses relations avec Israël

Pour les autres pays de l’Union européenne, le roi du Maroc a procédé différemment : le chantage s’inverse.

L’Espagne a payé un prix cher : l’hospitalisation du président du Front Polisario, Brahim Ghali. Il a été hospitalisé en 2021 pour un Covid grave, sous une fausse identité.

Pour se venger de cet acte, le Maroc ouvre les vannes de l’immigration clandestine. Plus de 10 000 migrants clandestins, dont 2 000 mineurs, déferlent sur l’enclave de Ceuta.

« Pour arrêter cette mascarade, le chef du gouvernement d’Espagne se voit contraint de reconnaître que “l’initiative marocaine d’autonomie est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend”. »

Autour de Berlin, qui se « permet de critiquer la décision de Donald Trump », Mohammed VI met fin aux contacts avec l’ambassade d’Allemagne à Rabat en mars 2021.

Les contacts sont rétablis en 2022 à la suite de la décision de l’Allemagne de reconnaître à son tour la marocanité du Sahara occidental. Les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et l’Autriche la reconnaissent les uns après les autres.

Pour Paris, le cap est passé en juillet 2024 avec la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental, après avoir payé le prix de l’immigration clandestine et de la non-délivrance des fugitifs Maes et Félix Bengui par Rabat.

À la suite du « volte-face français sur le Sahara occidental », le chef du gang des Yoda, Félix Bengui, est extradé en France et le rappeur Maes arrêté à Casablanca, le 22 janvier 2025.

Poussé par Donald Trump, le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU considère qu’une autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine « pourrait être une solution des plus réalistes ».

Une normalisation avec Israël qui va jusqu’à la conclusion « d’un accord de coopération militaire lors d’une visite à Rabat du ministre israélien de la Défense ».

La normalisation continue durant le génocide que subit Gaza par Tsahal. « Même au plus fort de la sanglante guerre de dévastation de Tsahal dans la bande de Gaza, la coopération marocaine avec Israël a été maintenue, voire renforcée. »

Sous le règne de son père Hassan II, la normalisation était déjà là : il « navigue entre deux camps, n’hésite pas à fournir des informations sensibles à Israël sur les orientations du régime syrien ».

 

 « Les gangsters à la Ferrari » 


Abu Azaitar est le premier à mettre le pied dans la monarchie marocaine, peu après que Lalla Salma en est sortie.

Une photo publiée de Mohammed VI et d’Abu Azaitar suscite la controverse : on voit le roi et Abu Azaitar, « bras dessus, bras dessous, serrés tous les deux sur un canapé, célébrant le 60ᵉanniversaire du monarque en 2022 ». Une proximitérare dont ne bénéficiait même pas la princesse.

Ses frères Ottman, Omar et Khalid le rejoignent. Une apparition publique avec M6 et les frères Azaitar officialise leur lien avec le Roi le 20 avril 2018. Une proximité qui interroge et dérange même au sein « des proches du Roi ».

 Leur proximité avec le souverain marocain  ne s’arrête pas là : il va jusqu’à installer une salle d’entraînement au Dar El-Makhzen de Rabat.

Champions de MMA, les germano-marocains ont un passé pas très enchanteur : entre agressions, vols, mafia allemande et sports de combat, un palmarès bien loin des habitudes des proches du royaume.

Pendant la crise du Covid-19, lorsque les frontières étaient fermées, « un vol de l’armée marocaine en provenance de Cologne a été spécialement affrété pour qu’Ottman puisse rejoindre le royaume ».

Les frères Azaitar suivent Mohammed VI plus que sa propre ombre et sont devenus sa garde rapprochée. “ C’est une erreur de s’afficher avec des gens au passé trouble qui se baladent pieds nus dans le palais.”  

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