
L’Algérie a renoué les discussions avec le Niger sur deux sujets clés : l’exploitation du champ pétrolier de Kafra non loin de la frontière commune et la relance du méga-projet de gazoduc transsaharien (TSGP).
Les deux dossiers ont été au menu de la visite entamée lundi 26 janvier au Niger par le ministre algérien des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab.
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Une visite qui intervient plus de 15 mois après celle effectuée à Alger par le ministre nigérien du Pétrole, Sahabi Oumarou, en septembre 2024, et moins d’une année après la crise d’avril 2025 quand les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (Niger, Mali et Burkina Faso) ont annoncé le retrait de leurs ambassadeurs à Alger à la suite de l’affaire du drone malien abattu par les forces aériennes algériennes après avoir pénétré dans l’espace aérien de l’Algérie.
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Concernant le champ pétrolier de Kafra, découvert en 2018 dans le nord du Niger, les délégations des deux pays ont mis à jour le plan d’action adopté à Alger en septembre 2024.
“Nous l’avons renforcé par des actions concrètes avec des plannings bien élaborés pour entamer les forages au niveau du bloc de Kafra”, a révélé Mohamed Arkab dans une déclaration à la presse à l’issue de ses discussions avec ses homologues nigériens.
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Une société algérienne sera mobilisée à partir d’Alger, a dévoilé le ministre. Il s’agit de la Société nationale de forage (Enafor), filiale de Sonatrach, qui sera bientôt au Niger pour “commencer les travaux sur les aspects de sécurité par rapport à ce projet”.
L’Algérie et le Nigeria relancent les discussions sur le gazoduc TSGP
Les autres points discutés sont la formation, l’accompagnement et le coaching. “On a mis aussi en œuvre un plan de telle manière à accompagner nos frères du Niger à prendre en charge tous ces aspects-là et prendre en charge aussi l’exploitation au niveau du bloc de Kafra avec nous, en partenariat”, a ajouté Arkab, assurant que le plan mis en place est “très solide, très correct et très réalisable”.
Sonatrach et la société pétrolière nigérienne, Sonidep, ont signé pour rappel en septembre 2024 un protocole d’accord pour l’engagement de discussions sur les opportunités de collaboration dans les domaines de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures, du raffinage et de la pétrochimie ainsi que dans la distribution des produits pétroliers.
L’autre grand dossier abordé lors de la visite de Arkab au Niger est celui du gazoduc transsaharien TSGP (Trans saharan gas pipeline).
“Nous avons discuté du projet TSGP. Nous avons une échéance au mois de mars, nous allons encore nous réunir pour examiner l’étude que nous sommes en train de lever ensemble et passer à l’étape suivante”, a déclaré Mohamed Arkab.
Le TSGP est un méga-projet de gazoduc devant acheminer le gaz du Nigeria jusqu’en Europe via le Niger et l’Algérie. L’Algérie mise sur ce projet pour consolider sa position de grand fournisseur fiable d’énergie pour l’Europe. Le TSGP est jugé par les analystes plus réaliste que le projet similaire que veut lancer le Maroc et qui doit traverser 13 pays sur plus de 6000 kilomètres.