
L’Algérie a mis en service la ligne ferroviaire reliant Béchar à Tindouf dimanche 1ᵉʳ février et a lancé l’exploitation du gisement géant de minerai de fer de Gara Djebilet. Samedi, lors de son entrevue périodique avec deux médias algériens, El Moudjahid et El Hayet TV, le président Abdelmadjid Tebboune a longuement évoqué ce projet gigantesque.
Il a répondu aux critiques et a donné une première estimation des gains à court terme pour l’Algérie.
A lire aussi : Air Algérie casse les prix avec une nouvelle promotion
« 1,5 milliard de dollars d’économies »
« Des experts des cinq continents sont unanimes à dire que le rendement du gisement de Gara Djebilet est élevé, plus de 52 % de teneur en fer. Deuxièmement, son exploitation va permettre à l’Algérie d’arrêter, dans deux à trois ans, l’importation du minerai de fer. Actuellement, nous importons de 1 à 1,5 milliard de dollars de minerai de fer pour nos complexes industriels. Nous ambitionnons d’exporter du minerai de fer et de l’acier pour compenser une partie des hydrocarbures. À court terme, nous allons économiser 1,5 milliard de dollars. C’est un gain. Pour l’exportation, ce projet présente un rendement élevé », a déclaré le chef de l’État.
A lire aussi : Algérie : la galère des importateurs de véhicules
Dans un contexte marqué par la nécessité de diversifier les exportations pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures, Gara Djebilet va permettre à l’Algérie de réduire les importations, et de développer ses exportations hors pétrole et gaz qui ont atteint en moyenne cinq milliards de dollars.
En plus des gains financiers, le président Tebboune a évoqué l’impact social du projet de Gara Djebilet sur le Sud-Ouest algérien. En plus du désenclavement de cette vaste région grâce au train, il a parlé de la création d’emplois. « Il n’y a pas que l’acier, il s’agit aussi de désenclaver une région importante pour l’Algérie », a-t-il dit.
A lire aussi : La France s’intéresse à la pomme de terre algérienne
Exploitation de Gara Djebilet : « 18.000 emplois attendus »
« La SNTF a déjà lancé un plan de recrutement de 500 emplois. Les spécialistes prévoient la création de 18.000 emplois. Ce projet va permettre à l’Algérie d’atteindre une autre étape dans son développement. Il ne faut pas regarder uniquement le chemin de fer ou l’acier », a-t-il dit.
Puis, le président Tebboune a répondu aux critiques concernant le projet de Gara Djebilet. Certains ont mis en avant le taux élevé de phosphore dans le minerai de fer de ce gisement, d’autres ont souligné la faible rentabilité du projet eu égard aux investissements qui ont été consenti par l’État pour lancer son exploitation. Des critiques balayées d’un revers de la main par le président de la République.
« Tous les spécialistes ont conclu à la viabilité de ce projet », a-t-il dit en soulignant que l’État s’est « appuyé sur des études faites » par de nombreux cabinets, dont certains sont étrangers, pour le lancer.
« Pour celui qui a un niveau primaire dont le seul diplôme est celui de l’insulte, de la diffamation et de l’atteinte à l’honneur des familles, ce qu’il dit n’est pas important. C’est une affaire de spécialistes. Celui qui critique le projet de bonne volonté, il n’y a pas de problème. Pour que l’État lance ce genre de projets, c’est qu’il y a eu des études sérieuses. Certains regardent le projet du point de vue financier et économique, et non politique. Pour eux, tout ce qui vient du gouvernement n’est pas bon », a-t-il dit.
Pour le chef de l’État qui a relancé ce projet après des décennies d’attente, la mise en exploitation de Gara Djebilet est « l’une des batailles menées par les grands hommes de ce pays », qualifiant cette réalisation de « début d’un projet national ».