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Passage à l’anglais : la Tunisie s’apprête à prendre une mesure forte

La Tunisie pourrait prendre une décision forte pour l’utilisation de l’anglais dans l’enseignement, les universités et l’administration.

Passage à l’anglais : la Tunisie s’apprête à prendre une mesure forte
La Tunisie voisine s'apprête à faire encore plus fort en ce qui concerne le passage à l'anglais / Par jjmillan / Adobe Stock pour TSA
Ali Idir
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Alors que l’usage de l’anglais dans l’enseignement et l’administration avance dans de nombreux pays d’Afrique et du Maghreb, dont l’Algérie, souvent au détriment du français, la Tunisie est en passe de prendre une mesure très forte pour le renforcement de la place de la langue de Shakespeare dans ce pays nord-africain.

Ces dernières années, l’Algérie et le Maroc ont multiplié les mesures pour faire plus de place à l’anglais dans leurs systèmes éducatifs respectifs. En Algérie, la langue anglaise est enseignée dès le primaire, et même les cours des sciences médicales, jusque-là dispensés en français, sont désormais obligatoirement en anglais.

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La mesure est entrée en vigueur au début de l’année universitaire 2025-2026. Plusieurs groupes économiques publics et privés ont aussi adopté l’anglais comme deuxième langue de communication, en remplacement du français.

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La Tunisie voisine s’apprête à faire encore plus fort. Selon la presse locale, une proposition de loi organique visant à renforcer l’usage de la langue anglaise dans le pays est en cours d’examen au niveau de la commission spécialisée du parlement tunisien.

Citant la même commission, le quotidien La Presse a indiqué ce lundi que la proposition de loi prévoit notamment l’enseignement de l’anglais comme langue fondamentale à partir de la deuxième année de l’enseignement de base.

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Elle stipule également l’adoption de l’anglais comme langue d’enseignement pour les matières scientifiques et technologiques dès le cycle préparatoire.

Afrique et Maghreb : le français recule, l’anglais prend de la place

Le texte stipule, en outre, que les universités et tous les instituts et écoles de l’enseignement supérieur devront intégrer l’anglais « dans les programmes liés aux technologies, aux sciences naturelles, aux sciences médicales ainsi qu’à l’économie ».

Si la proposition de loi est votée, la langue anglaise sera aussi adoptée « comme deuxième langue de travail » par les institutions nationales, notamment en ce qui concerne les relations internationales et diplomatiques, l’attraction des investissements, la coopération économique et le domaine des logiciels et des systèmes informatiques.

Les initiateurs de la proposition de loi expliquent que l’objectif derrière le texte est de « renforcer l’ouverture de la Tunisie sur son environnement international » et d’améliorer « la compétitivité du système éducatif, universitaire et institutionnel face aux exigences de l’économie mondiale ».

Le renforcement de l’usage de l’anglais se fait parallèlement à une perte d’influence politique, économique et culturelle inexorable de la France en Afrique et au Maghreb. Le remplacement du français par l’anglais n’est pas toujours la conséquence d’une crise politique ou diplomatique avec la France, comme le montre cette initiative tunisienne qui survient alors que les relations entre Paris et Tunis sont plutôt stables et apaisées.

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