
Le moindre aléa de la nature dévoile la face cachée du Maroc qui tente, par une politique de prestige coûteuse, de donner au monde l’image d’un royaume moderne et développé.
Les dernières inondations dans le Rif ont révélé l’extrême précarité dans laquelle vit une grande partie de la population marocaine. Comme à chaque catastrophe naturelle, les sinistrés sont livrés à leur sort.
A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens
“Ne sommes-nous pas Marocains ? Dites-le-nous. Nous sommes perdus. Venez juste nous rendre visite. Cela fait une semaine que nous n’avons rien mangé. Honte à vous !” Ce cri de détresse d’un habitant d’un village de la région de Chefchaouen à l’adresse des responsables marocains a été recueilli par la chaîne allemande DW Arabiya.
A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc
La région a subi de plein fouet l’impact des fortes pluies qui se sont abattues ces dernières semaines sur le nord du Maroc. Plus de 700 habitations ont été endommagées et les habitants ont perdu le peu de choses qu’ils possédaient, notamment leurs maigres cheptels. Les rares routes qui arpentent la région ont aussi été détruites.
Les habitants du Rif crient leur détresse après des inondations
Malgré ces dégâts visibles, Chefchaouen n’est pas déclarée zone sinistrée, car, expliquent les autorités, elle ne remplit pas les critères arrêtés pour un tel classement.
A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël
Le ministre de l’Équipement a avancé un curieux critère : les zones sinistrées sont celles qui ont enregistré au moins 504 heures de pluie sans discontinuer, soit 21 jours d’affilée. Peu importe les dégâts !
Pourtant, la région du Rif et ses habitants sont réellement sinistrés. “J’ai perdu toutes mes chèvres. Je demande aux responsables de venir voir par eux-mêmes. Je suis pauvre, je ne possède rien. Je suis devenu SDF avec mes enfants”, témoigne un autre sinistré.
Une autre, mère de famille, assure qu’elle a dû évacuer sa maison au milieu de la nuit sans rien prendre des effets de ses enfants.
À l’instar des précédentes catastrophes naturelles, comme le séisme qui a frappé le Haut Atlas en septembre 2023, les récentes inondations ont dévoilé deux tares qui caractérisent le Maroc : la précarité et le déficit de développement dans les régions éloignées des zones touristiques et l’incapacité du gouvernement à prendre en charge rapidement les sinistrés.
Pendant ce temps, le pouvoir marocain continue de dépenser sans compter dans les infrastructures sportives et l’acquisition d’armements, notamment auprès du nouvel allié israélien.