
La guerre contre l’Iran et les développements de la situation au Moyen-Orient font craindre au Maroc la réédition de l’inflation record qui avait suivi la crise du COVID puis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022.
Le royaume fut l’un des pays les plus touchés par la hausse vertigineuse notamment des prix des produits alimentaires et des carburants.
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Le spectre d’une inflation à deux chiffres se profile de nouveau sur le Maroc, faisant redouter des conséquences lourdes sur certains secteurs clé de l’économie marocaines, comme l’agriculture et le tourisme.
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Possible hausse de l’inflation
L’économiste marocain Mohamed Jadri, cité par le média Leseco.ma, alerte sur une possible remontée de l’inflation importée en cas de conflit prolongé au Moyen-Orient, avec des impacts lourds sur les coûts de l’énergie et de la logistique.
La fermeture du détroit d’Ormuz a déjà provoqué une flambée des prix du pétrole et des coûts de transport de marchandises et des assurances maritimes. Les répercussions sont déjà visibles sur plusieurs pays dont le Maroc, très dépendant des importations d’hydrocarbures.
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Cette situation menace les équilibres macroéconomiques du Royaume qui a basé sa la Loi de finances 2026 sur l’hypothèse d’un prix moyen du baril à 65 dollars, souligne le journal.
Le marché marocain connaîtra une hausse des prix du gasoil et de l’essence dès la deuxième moitié du mois de mars, prévoit l’économiste.
Si la guerre contre l’Iran perdure, les conséquences risquent d’être désastreuses sur le pouvoir d’achat des Marocains, déjà fragilisé depuis la crise du Covid et l’impact de la guerre en Ukraine.
Le site Bladi.net évoque pour sa part un éventuel impact très négatif sur l’agriculture marocaine, signalant que l’arrêt de la production d’engrais dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz provoquent déjà une envolée des prix mondiaux.
Maroc : la guerre en Iran menace deux secteurs clés de l’économie
Cette crise menace la production agricole, impactant directement les exportations marocaines et la sécurité alimentaire du pays.
Selon ce média, la région du Golfe fournit un tiers de l’urée et de l’ammoniac échangés dans le monde, et la moitié du soufre. De grands pays comme le Brésil ou l’Inde, très dépendants de cette région, font face à des ruptures de stocks massives.
Le Maroc est certes un grand fournisseur de l’Europe en engrais phosphatés, mais il dépend du soufre du Golfe pour son industrie d’engrais.
L’autre secteur clé de l’économie marocaine qui pourrait en pâtir, c’est celui du tourisme. L’économiste Mohamed Jadri évoque le risque de l’effet de confusion des touristes occidentaux entre le Moyen-Orient et le Maroc, qui est aussi un pays arabo-musulman.
Le site Hespress fait état pour sa part de la hausse des prix du kérosène à l’échelle mondiale qui pénalise les compagnies aériennes opérant au Maroc. Cette augmentation pourrait se répercuter sur les prix des billets d’avion dans les mois à venir.
Le prix du kérosène représente un élément essentiel de la structure des coûts d’exploitation des compagnies aériennes, généralement entre 15 et 30 % du total des dépenses.
L’économiste Karaoui El Filali souligne qu’une éventuelle augmentation des prix des billets d’avion pourrait inciter certains voyageurs à reporter leur voyage ou à revoir leurs plans de voyage.
L’agriculture et le tourisme sont de gros contributeurs au PIB du Maroc. Un éventuel impact de la guerre en Iran sur ces deux segments de l’économie aggraverait les difficultés du royaume, déjà en bute à une situation économique et sociale compliquée, avec de grandes inégalités entre les différentes franges de la société.