
Ni la morale, ni l’Occident, encore moins le droit international ne semblent en mesure d’arrêter la furie meurtrière d’Israël.
Alors qu’il s’emploie à bombarder le Liban mettant ainsi en péril le laborieux cessez-le-feu instauré dans la guerre menée contre l’Iran, Israël continue ses exactions dans la bande de Gaza en dépit de la trêve observée depuis novembre dernier.
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Jeudi, l’armée israélienne a tué une jeune écolière de 9 ans, Ritaj Rihan, devant ses camarades dans une tente qui fait office de salle de classe.
Une écolière tuée par l’armée israélienne
Elève de troisième année primaire, Ritaj a été tuée par balles tirées par l’armée israélienne alors qu’elle était assise dans sa salle de classe à l’école Abou Obeida Ibn Al-Jarrah, provoquant un profond choc psychologique parmi ses camarades, selon le ministre de l’Éducation palestinien repris par la chaîne Al Jazeera, dont un de ses correspondants a été tué la veille par un drone israélien.
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Qualifiant l’incident de crime sanglant, atroce et terrifiant, « qui s’ajoute à un long et sombre registre israélien de brutalité », le ministre souligne qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais de la continuité d’une agression en cours depuis plus de deux ans et demi, ayant causé la mort de dizaines de milliers d’enfants et entraîné la destruction des infrastructures, ainsi que la disparition totale de toutes les écoles du territoire.
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre dernier, l’armée israélienne, qui occupe plus de la moitié de la bande de Gaza, continue de semer la mort, la destruction et la désolation dans ce bout de territoire transformé en champs de ruine au terme d’une guerre génocidaire.
استشهاد الطفلة الفلسطينية ريتاج ريحان البالغة من العمر 9 سنوات، برصاص الاحتلال الإسرائيلي، أثناء تلقيها دروسها داخل خيمة تعليمية في بيت لاهيا شمالي قطاع غزة#فيديو pic.twitter.com/kfeE4mVBhr
— قناة الجزيرة (@AJArabic) April 9, 2026
Sourd aux appels à la raison et aux condamnations de l’opinion mondiale, le gouvernement israélien, aux mains de l’extrême droite religieuse, agit au mépris des lois, des règles et de la morale.
Plus de 700 Palestiniens ont ainsi été tués depuis l’entrée en vigueur de cet accord, portant à plus de 71.000 le nombre de morts dans l’enclave depuis les attaques du 7 octobre.
Presque tous les bâtiments ont été rasés, les structures de base anéanties et les habitants contraints à l’exil.
Plus de deux millions de personnes vivent désormais confinées sur à peine un tiers du territoire, entassées dans des tentes de fortune ou des bâtiments endommagés.
Comme souvent en pareilles circonstances, ce sont les femmes, les enfants et les personnes âgées qui payent le prix de la violence sans limites de l’armée israélienne.
Des chiffres qui font froid dans le dos
Publiés dimanche dernier par le ministère de l’Éducation et le Bureau central palestinien des statistiques, les chiffres concernant les enfants palestiniens donnent froid dans le dos.
Plus de 21.000 enfants ont été tués en deux ans de guerre, dont près de 19 000 élèves. Au total, les enfants représentent près de 30 % des victimes, avec 21 283 morts sur plus de 72.000.
Parmi eux, 450 nourrissons, plus de 1 000 enfants n’ayant pas atteint leur première année et plus de 5.000 âgés de moins de cinq ans. À ce bilan humain s’ajoute une catastrophe sanitaire sans précédent : plus de 44 000 enfants blessés, dont beaucoup souffrent de mutilations permanentes, avec plus de 1 000 amputations recensées.
Près de 58 000 enfants ont perdu un ou leurs deux parents. La famine et le froid tuent également : 157 enfants sont morts de malnutrition et 25 d’hypothermie dans des camps de déplacés, d’après ces statistiques.
Censées les accueillir, les écoles sont pour l’essentiel détruites et les rares encore debout servent d’abris pour déplacés.
Le système éducatif est quasiment effondré et ce sont quelque 700 000 élèves qui sont privés d’éducation.
Dans ce paysage de ruines, des enseignants bénévoles tentent de maintenir un semblant de scolarité. Dans des tentes surchargées, les enfants suivent des cours précaires, exposés aux intempéries, au manque de matériel et surtout à l’insécurité permanente.
De sanctuaire, l’école est devenue un lieu vulnérable, parfois mortel. Au-delà de Gaza, la situation en Cisjordanie reste également préoccupante : 237 enfants y ont été tués et plus de 1 600 arrêtés.
Des milliers d’autres vivent dans des conditions de déplacement forcé. Une situation qui interpelle les consciences. Face à l’assassinat de la petite Ritaj Rihan, le ministère palestinien de l’Éducation a tenu Israël pour entièrement responsable « de ce crime, ainsi que de tous ceux qui l’ont précédé et de ceux qui suivront », estimant que le silence international équivaut à une forme de complicité.
Aussi appelle-t-il à une action urgente pour protéger les civils, en particulier les enfants, à l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes et à la poursuite des responsables.
Il exhorte également la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales face à ce qui se déroule dans le territoire. Mais qui va l’entendre ?